Archive for the ‘Japon’ Category

Superlatifs

Saturday, December 16th, 2006

Osaka, Japon. Kyoto, c’est la plus belle ville du Japon. Voire du monde. Et le dialecte de Kyoto est le plus colore du pays. D’ailleurs les plus beaux sites du Japon sont a Kyoto. Et on y trouve la meilleure nourriture du Japon.

Les Kyotoites ne sont pas peu fiers de leur ville et de la vie qu’on y mene, comme les citations precedentes vous en donnent une idee. Loin de moi l’idee de chercher a confirmer ou infirmer ces citations, mais je me propose tout de meme d’etendre ce survol des superlatifs au Japon tout entier, que nous nous appretons a quitter demain.

Bon, le Japon, c’est un grand pays, et, s’il n’est pas le plus grand que nous ayons traverse, il est probablement le plus etendu en latitude, proportionnellement a sa surface. Ce qui nous a permis de visiter des endroits tres temperes (euphemisme, il y faisait carrement froid) comme Rishiri et ses environs (le point le plus au nord de notre voyage), et des endroits plus sub-tropicaux, comme a Kagoshima (le volcan le plus actif du Japon). Nous avons vu la plus grande caldera du monde (au Mont Aso), la plus grande des petites villes de l’ouest japonais (Kanazawa), le village de samurai le mieux conserve de l’archipel (Usuki).

Plutot que de multiplier les exemples, je me propose juste de resumer ces superlatifs comme suit: le seul point commun de tous ces endroits, ca aura ete la qualite de l’accueil et la gentillesse des Japonais a notre egard. Cela aura rendu notre sejour dans ce pays extremement agreable, probablement le plus agreable de tous les pays visites.

Sauf a Kyoto. Car si la ville est belle, les locaux sont desagreables au possible, et les hotes de notre auberge ont ete les plus imbuvables que nous ayons croises depuis longtemps. Et les Kyotoites se trompent au moins sur un point: la plus belle ville du monde, c’est Fribourg.

Bien a vous,

Matthieu

Optimisation

Friday, December 8th, 2006

Osaka, Japon - Au Japon, on a souvent l’impression que tout a ete pense jusque dans les moindres details. Ceci est vrai aussi bien pour les aspects les plus sophistiques de l’art de vivre japonais (ceremonie du the), que pour des aspects du quotidien. Dans ce dernier registre, l’optimisation est de mise. En voici quelques exemples.

Prenons d’abord les o-nigiris, sorte de sandwich local: un triangle de riz fourre (au thon, au saumon, a la prune salee etc.) recouvert d’une fine feuille d’algue. Vraiment tres bon. On en mange meme parfois pour notre petit dejeuner. Eh bien, leur emballage nous a laisses sans voix. Un petit miracle du bien pense, fait de telle sorte que l’algue ne soit pas en contact avec le riz avant que ledit o-nigiri ne soit deballe. L’algue reste ainsi croquante, ce qui est essentiel pour un bon o-nigiri.

Autre exemple: la machine a laver le linge de Kyoko (mais tres certainement identique a des milliers de machines japonaises), une amie de Matthieu a qui nous avons rendu visite a Tokyo. Bon, alors vous vous imaginez une belle machine avec plein de voyants lumineux qui vous calcule la dose exacte de savon necessaire en fonction du poids du linge a laver et qui utilise pour le premier lavage l’eau de la baignoire. Il faut savoir qu’ici, celle-ci est en principe encore toute propre apres emploi vu que les Japonais se lavent avant de se mettre dans leur bain. Optimisation va donc souvent de pair avec respect de l’environnement.

Comme dernier exemple, je ne resiste pas a l’envie de vous parler de la reine de l’optimisation, si je peux dire: les toilettes. Lorsque vous etes confortablement assis sur votre siege chauffant (si, si, et c’est bien agreable vu l’absence de chauffage central dans les maisons), vous trouvez a votre droite un petit tableau de commande. Vous pouvez choisir de vous faire accompagner par une petite musique qui reproduira en general le bruit d’une chute d’eau. Vous pouvez aussi choisir de terminer le tout par un petit jet, dont vous pouvez regler l’angle ainsi que la force, suivi d’un sechage a l’air chaud ad libitum. Bon, evidemment, ca demande un peu d’experience que de manier le tout, surtout pour le jet…

Amities.

Ingrid

La louze 1.5

Wednesday, December 6th, 2006

Takayama, Japon. Le bus sort du tunnel, apres une traversee sombre, et la lumiere illumine le paysage: c’est le pays de neige. Le paysage de montagnes domine l’horizon, et le bus serpente gentiment sur la route. J’allais ecrire la suite sur le theme “La louze 2″, mais ai du changer d’avis, car la journee a mieux fini qu’elle n’avait commence.

Nous avions decide de visiter le pays de neige depuis Takayama. L’office du tourisme nous avait chaudement recommande un village a environ une heure et demie de bus, en nous precisant qu’il y avait un bain genial. Surprenamment, ils n’avaient pas recommande de restaurant. Nous aurions du nous mefier: les recommendations pour les bains et les restaurants semblent aller de pair, dans ce pays. Mais la, non, seulement le bain et un telepherique apparemment genial. Bon, ils precisaient que le telepherique etait ferme pour revision justement aujourd’hui. Quel dommage. Ma foi, le bain ferait l’affaire!

Arrives sur place, nous avons du nous rendre a l’evidence: le patron du bain avait choisi le meme jour de revision que le patron du telepherique et les patrons des restaurants avoisinants: tout etait ferme. Personne dans le village, ou plutot, personne le long de la route (pourtant bordee de maisons, pensions, bains, etc) ou le bus nous avait poses. Prenant notre courage a deux mains, nous avons commence a suivre la route pour atteindre un point de vue genial (dixit l’office du tourisme) sur les Alpes japonaises. Heureusement ils nous avaient aussi donne une carte… sans echelle. Nous aurions du nous mefier: le point de vue etait tres loin, tres haut, pas particulierement joli, au milieu de nulle part, sans aucune vending machine (probablement en revision ce jour-la). Comme en plus nos chaussures prenaient l’eau a force de marcher dans la neige, tout semblait se preparer pour un texte sur “La louze 2″.

Mais, apres quelques virages, nous avons ete accueillis par une forte odeur d’oeufs pourris. Detrompez-vous, c’etait une bonne nouvelle, car qui dit oeufs pourris, dit source thermale, et qui dit source thermale dit en principe bain, auberge, restaurant et vending machines. Restait a secher nos chaussures et trouver l’origine de l’odeur. Eh bien, l’origine de l’odeur se trouvait pres d’un plan du hameau qui indiquait tout ce que nous cherchions, a part le moyen de secher nos chaussures.

Et c’est donc apres un repas bien merite (et ma foi fort bon), un bon bain chaud dans un bassin magnifique en plein air avec vue sur les montagnes, et un petit cafe chaud tout droit sorti d’une vending machine, que j’ai change d’avis: seule la premiere moitie de la journee avait ete “louze”…

Bien a vous,

Matthieu

Rencontre a Hiroshima

Wednesday, December 6th, 2006

Takayama, Japon - Depuis deux semaines, nous avalons les kilometres. Nos abonnements de train nous ont permis d’aller a toute allure decouvrir encore plusieurs coins de Japon qui nous intriguaient. Bon, bien sur, pas le temps de s’arreter pour simplement observer la vie au marche local, une grand-mere qui sourit ou un jeune couple hyper-trend. Nous nous sommes resolu a faire du pur sight-seing pendant quelques jours. Mais, Hiroshima nous a quand meme reserve une rencontre.

Nous nous etions recueillis quelques instants devant le Memorial aux enfants victimes de la Bombe-A lachee le 6 aout 1945 a 8h15. Non loin, la carcasse de l’ancien batiment de Promotion de l’Industrie de la ville diffuse une atmosphere de fin de monde. C’est a plusieurs kilometres a la ronde le seul batiment dont il restait encore quelques murs apres que la bombe ait saute. Ces quelques murs ont ete conserves en memoire de cet evenement tragique. Le batiment est maintenant classe Patrimoine Mondial de l’Humanite par l’UNESCO.

Un petit monsieur aux cheveux blancs s’approche de nous. ’Merci’ nous dit-il, ‘merci d’etre venus jusqu’a Hiroshima pour decouvrir ce petit bout d’histoire qui a fait basculer la vie de tant de gens’. ‘A l’epoque j’avais 16 ans - j’en ai aujourd’hui 77 - et j’habitais Hiroshima. Je travaillais dans une usine comme tous les jeunes gens de l’epoque. Les hommes etaient a l’armee. L’usine dans laquelle je travaillais etait a 2 km de l’hypo-centre de la bombe, raison pour laquelle je m’en suis sorti. Le 7 aout, je suis parti a la recherche de mon pere et de mon frere qui, je le savais, etaient dans le quartier ce fameux matin du 6 aout 1945. C’etait un quartier tres peuple a l’epoque. J’ai retrouve le corps de mon pere, mais jamais celui de mon petit frere qui avait alors 13 ans. Dans la riviere que vous voyez la, il y avait des centaines de corps. Comme si les gens s’etaient precepite sur un peu d’eau lorsque la chaleur avait soudainement augmente.’ Il poursuit son recit pour nous expliquer comment en l’espace d’une seconde la ville de Hiroshima avait change de visage. Il nous reparle encore de son petit frere dont il n’a pu retrouver le corps. Mais, tres digne, il s’en tient aux faits. Bientot, il prend conge de nous. Une rencontre qui nous a laisse dans le silence. Emus.

Amities.

Ingrid

Istanbul-Tokyo

Sunday, December 3rd, 2006

Hiroshima, Japon. Nous irions d’Istanbul a Tokyo. Tel etait notre plan, tel etait notre leitmotiv.

Ou etait-ce le plan? Nous irions d’Istanbul vers l’est. Jusqu’ou? Nous ne savions pas. Oh bien sur, nous avions envie d’aller au Japon, mais serait-ce par la surface? Et jusqu’a Tokyo? Ou jusqu’a la mise a sec (a sac?) de nos comptes en banque? Et d’ailleurs, jusqu’ou, a l’est?

Alors voila, Tokyo nous y sommes arrives… et en sommes maintenant repartis. C’etait le point le plus a l’est du voyage, mais pas le point de depart de notre retour. Nous avons considere Sapporo, Fukuoka, et maintenant Osaka. Allez savoir. D’ailleurs nous allons ensuite a Hong Kong. Via Shanghai. Mais jusqu’a Tokyo, nous nous en sommes en fin de compte tenus au plan.

Bien a vous,

Matthieu

Courbettes

Friday, December 1st, 2006

Mont Aso, Japon - Comme on le sait, les Japonais ne se serrent pas la main quand ils se disent bonjour; il font une courbette, tout en disant les formules d’usage. Voila donc un mois que nous pratiquons la courbette. Simple au premier abord. Oui, mais toute la finesse de la courbette reside dans sa profondeur. Plus la personne en face est respectable, plus il y a lieu de se plier en deux.

Pour eviter de passer pour des ostrogoths, on a pris pour habitude de se courber plutot un peu plus que d’usage. Sauf qu’a vouloir etre trop poli, on declenche parfois des eclats de rire. Tel a ete le cas hier…

Nous venions de prendre un bain a l’une des sources chaudes du village d’Aso (pour une non-fan de bains thermaux, j’ai quand meme reussi a en essayer deux en moins d’une semaine; un record dont Matthieu n’osait pas meme rever il y a quelques jours encore). Nous venions aussi de profiter d’un massage des pieds pendant quelques minutes pour peaufiner l’etat de relaxation extreme dans lequel nous nous trouvions. Il etait temps de prendre conge de la masseuse. Courbette donc. Et la: eclat de rire de ladite masseuse. Nous nous sommes plies en deux et elle se plie litteralement en quatre. Des dizaines d’yeux se tournent vers nous. Mince, #%&!* de courbette! Elle etait trop profonde. Inutile de tenter de filer a l’anglaise. Nous sourions et quittons l’etablissement. Ah, les finesses culturelles!

Amities.

Ingrid 

aso aso

Friday, December 1st, 2006

Mont Aso, Japon. Durant les mornes journees que j’ai passees sous la banniere de la Protection Civile a apprendre toutes les subtilites des effets des armes atomiques et chimiques, j’ai eu la chance de croiser un chapitre d’instruction qui s’intitulait “alertes”. Ainsi, depuis ce jour-la, je sais par exemple qu’il faut hurler “ato ato” si on apercoit un champignon atomique a proximite. Pour ne pas compromettre la securite du pays, je ne peux pas en dire plus sur les alertes.

Par contre, aujourd’hui, je me suis trouve confronte a une situation qui aurait requis une nouvelle alerte: “aso aso”, du nom du Mont Aso, le plus haut volcan en activite du Japon, que nous avons pu observer de (pas trop) pres. Le volcan est situe au milieu de la plus grande caldera (cratere d’un volcan eteint) du monde (qui contient villages, trains, et routes), et s’eleve a 1200m environ. Au sommet, des plaines de cendres et residus des eruptions du volcan couvrent le sol d’un sable noir d’encre.

On peut ensuite aller jusqu’au bord du cratere, 4 km de circonference, et 100 m de profondeur. Jusque la tout va bien. En fait, il ne faudrait pas aller plus loin: au fond du cratere, un lac d’eau et d’acide sulfurique a une temperature de 60 degres, emet en permanence divers gaz plus ou moins rejouissants. Le lac a une tres belle couleur bleu electrique qui ne dit rien qui vaille, bref, c’est magnifique, mais on comprend bien vite que les avertissements sont serieux. Aso aso.

Bien a vous,

Matthieu

De poisson cru et d’eau fraiche

Wednesday, November 29th, 2006

Usuki, Japon. Usuki est un village de samurai sur la cote est de l’ile de Kyushu. Un village ma foi charmant, ou les ruelles tortuent lentement entre les maisons traditionnelles en magnifique etat de conservation. Son atmosphere sympathique nous fait un peu oublier le rythme accelere de ces derniers jours. Nous avons en effet troque notre voyage “lent” contre deux abonnements de train, qui ont l’avantage insigne de nous ouvrir toutes les portes de tous les trains au Japon, meme le Shinkansen, mais qui sont limites dans le temps. Foin donc de voyage lent, et bienvenue dans un rythme plus proche de celui des locaux.

Par exemple, l’autre jour, nous avons eu une journee qui n’aurait fait rougir personne dans ce pays. Ca a commence par le tour guide decrit par Ingrid, ou la guide n’a pas arrete de parler, chanter, et meme glousser dans son micro pour 3 heures et demie (seules pauses: lorsque nous prenions 10 a 15 minutes pour un point de vue ou pour un magasin de daikon). Ensuite nous sommes alles avec bonheur manger des sushi dans un de ces restaurants ou tout passe devant le nez des clients sur un petit tapis roulant. Le poisson cru, le the vert chaud, un bol de soupe, toute la gastronomie japonaise dans ce menu. Evidemment, le restaurant etait dans la gare, a mi-chemin entre l’arret du bus que nous avions pris le matin, et le quai pour le train de l’apres-midi. Puisqu’on vous dit que tout est optimise dans ce pays. Ensuite, parce qu’il restait quand meme encore bien quelques heures de jour, nous avons rejoint le quai, saute dans un train special plus rapide que le train local (mais plus lent que le shinkansen, et surement plus petit que le jardin de mon oncle), et sommes alles dans un bain public dont la specialite est le bain de sable.

Le bain public dans une source thermale, c’est aussi une des specialites locales. Mais celui-la ajoutait une specialite encore plus locale: le sable chaud, du a la proximite du volcan Sakurajima. Donc, sous un petit preau, on se couche dans le sable, et une dame nous recouvre de sable chaud. C’est rigolo comme sensation, et tres vite on se laisse bercer par le bruit des vagues. Les mouettes volent gaiement au-dessus de l’ecume, le ciel est bleu, la dame pelle le sable sans arret, bref, on peut se relaxer. Ensuite, lorsqu’on a fini de se rechauffer dans le sable, hop, petit plongeon dans le bain thermal, et on ressort une heure plus tard, relaxe comme rarement, tout propre et juste pret a essayer encore une autre specialite locale: la biere fraiche.

Bien a vous,

Matthieu

Un tour guide a Sakurajima

Tuesday, November 28th, 2006

Usuki, Japon - 9h du matin, nous sommes assis dans un bus avec une quinzaine de Japonais. Nous voila partis pour notre premier tour guide dans le pays. Un tour guide japonais - on ne voulait pas rater cette experience culturelle. Nous voila donc en route pour l’ile de Sakurajima, tout au sud de l’ile de Kyushu. Sur cette ile, un magnifique volcan encore actif est l’objet de notre interet.

Nous sommes vite submerges par un flot ininterrompu de paroles - pour moi, du charabia; heureusement, j’ai mon traducteur personnel. Notre guide commente les batiments que nous passons: ecole secondaire, dernier mall ‘avec d’excellents restaurants, n’hesitez pas a les essayer si vous avez faim’ nous assure-t-elle. Nous montons sur le ferry pour rejoindre l’ile. Nous faisons attention de rejoindre le bus assez tot pour ne pas etre les derniers - on n’aimerait pas se faire remarquer!

Apres quelques kilometres, pendant lesquels notre guide ne s’interrompra pas une seule seconde, nous atteigons un point de vue avec une magnifique vue sur toute la baie. ‘10 minutes pour en profiter’ annonce notre guide. Pas le temps de se perdre dans un moment de contemplation.

Nous poursuivons ensuite notre route et en apprenons un peu plus sur l’ile que nous visitons. 3 volcans la dominent, mais un seul d’entre eux est encore actif. La plus grosse explosion du XXe siecle a eu lieu en 1914. Des cendres ont alors ete ejectees a plus de 8000 metres d’altitude, et plusieurs villages ont ete engloutis par la lave. Entretemps, notre bus s’est arrete devant un torii: une porte a l’entree d’un chemin qui mene a un temple. Ce torii a ete enfoui dans la lave lors de l’eruption de 1914 - il ne depasse plus du sol que par un metre a peine, alors que sa hauteur usuelle serait d’environ 6 metres. Je me rejouis d’aller l’inspecter de plus pres… mais nous devrons nous satisfaire de l’admirer depuis le bus. ‘Pas le temps de descendre’ nous annonce la guide.

Notre guide s’est maintenant lancee dans des explications d’ordre culinaire. Il faut savoir que le plus gros daikon de tout le pays (sorte d’enorme radis blanc dont les Japonais font grande consommation) pousse sur l’ile de Sakurajima. Elle explique une maniere locale de l’appreter. Peu apres, arret devant un magasin qui vend des specialites locales. ‘15 minutes’ annonce notre guide - le plus long arret du tour. Tous le monde descend pour decouvrir les specialites vendues par le magasin: daikon confit, chips de daikon, daikon au sake, sake au daikon, le tout arrose d’un petit verre d’eau-de-vie de pommes de terre douces (une autre specialite locale) offert par le tenancier. Nous remontons dans le bus apres 13 minutes 30 afin que le bus puisse en effet repartir apres 15 minutes. Tout est minute.

Le cap est mis sur un champ de lave. Tout d’un coup, notre guide, qui ne s’est pas interrompue plus que quelques minutes depuis le debut du tour,  se met a chanter. Je regarde Matthieu d’un air inquisiteur pour avoir l’explication et la traduction… Il s’agit d’un chant dont les paroles ont ete ecrites par une poetesse locale. Certains passagers tapent dans les mains en cadence pendant que notre guide poursuit de sa voix quelque peu fluette. J’admire son cran.

Nous arrivons a ce fameux champ de lave. 15 minutes pour en profiter, mais d’abord… photo. Un photographe professionnel prend une photo de notre groupe. Une rangee sur un banc, une rangee derriere, et un enorme daikon devant. Bon, il nous reste quand meme quelques minutes pour decouvrir le champ de lave.

Ce sera notre derniere halte avant de repartir pour le ferry. Enfin, apres plusieurs courbettes et de nombreux ‘domo arigato gozaimashta’ (merci beaucoup), nous voici au terme de notre tour guide. Ouf! On n’est pas mecontents d’avoir choisi un tour d’une demi-journee seulement!

Amities.

Ingrid

Nagasaki

Tuesday, November 28th, 2006

Usuki, Japon. Nagasaki, 9 aout 1945. Les images du musee de Nagasaki ne laissent aucun doute, ca a ete un instant de desolation. Tout est aplati, rase, detruit, tout est en ruine. Depuis ce jour-la, le monde entier associe Nagasaki (et sa soeur d’infortune Hiroshima) avec la bombe et tout ce qui s’ensuit.

Ce faisant, le monde se focalise sur l’evenement le plus marquant de l’histoire de Nagasaki durant le dernier siecle, mais passe sous silence certains aspects fascinants de l’histoire plus ancienne de Nagasaki, a savoir que du 17e au 19e siecle, Nagasaki etait le seul point de contact officiel entre le Japon et l’Occident, entre le Japon et le reste du monde, d’ailleurs.

Le Japon venait de s’imposer une periode d’isolation du reste du monde. Nagasaki etait pourtant depuis le 16e siecle un comptoir portugais, avec un marche pour les biens que les vaisseaux amenaient d’Europe, une communaute japonaise catholique dument convertie par les jesuites qui arrivaient avec les biens et les vaisseaux, et quelques eglises (la bombe a explose presque directement au-dessus de ce qui etait longtemps la plus grande eglise catholique d’Extreme-Orient).

Les shoguns avaient assigne une ile aux Portugais afin qu’ils puissent y vivre. Au milieu du 17e siecle, lorsqu’ils ont ferme le pays, ils ont expulse les Portugais (a qui ils reprochaient d’etre plus actifs a convertir des ames locales qu’a faire du commerce), mais ont autorise des marchands hollandais a rester sur l’ile. Pendant les deux siecles qui ont suivi, ces marchands ont dirige une colonie de facto sur leur ile, eu des contacts avec des locaux, encourage ces memes locaux a apprendre du savoir europeen (medical, botanique, linguistique, etc), et fait du commerce pour le benefice des deux parties.

De nos jours, l’ile n’en est plus une (le port a ete remblaye), mais les maisons restent, entourant des ruelles au gout clairement europeen. Les divers residents de cette ile ont ecrit plusieurs livres sur la culture locale, des dictionnaires, des comptes-rendus de leur vie quotidienne dans un pays lointain et ermite. Petit a petit, ils ont aussi construit quelques maisons dans un autre quartier de la ville, et ont laisse une atmosphere tres interessante a Nagasaki, semblable a nulle autre ailleurs au Japon.

Apres les moments sombres au musee de la bombe et aux ruines et memorial avoisinants, nous avons goute au charme de cette partie de l’histoire de Nagasaki avec bonheur.

Bien a vous,

Matthieu