Archive for the ‘Iran’ Category

Un an d’efforts pour cet instant

Saturday, May 13th, 2006

Mashhad, Iran. Nous sommes tout au nord-est de l’Iran. La proximite de la frontiere afghane ne passe pas inapercue, avec les groupes de pelerins qui se promenent en ville - impossible de les rater. Ici s’acheve, demain dimanche, notre sejour en Iran. Nous avons l’impression d’avoir profite au maximum de notre visa de 30 jours, meme si bien sur, pour un si grand pays, il aurait fallu pouvoir rester bien plus longtemps. Une prochaine fois sans doute. Nous avons essaye de voir les facettes les plus incontournables de l’Iran. Du nord (Tabriz et Rasht), au sud (Yazd et Shiraz), en passant par Teheran et Isfahan, nous avons l’impression d’avoir vu de tout. Nous avons ete frappes par la diversite du pays (que nous n’avions pas soupconnee), et par la chaleur des habitants. Pas un endroit, pas un jour sans que nous n’entendions a plusieurs reprises combien nous etions les bienvenus. Et c’etait pour de vrai, juste parce que les Iraniens ont apparemment un plaisir sans bornes a rencontrer des etrangers et a parler avec eux. Rafraichissant, sans aucun doute.

Mashhad elle-meme n’est pas aussi incroyable que d’autres endroits en Iran. Il n’y a qu’un seul site a visiter, le mausolee de l’Imam Reza (8e imam des chiites). C’est un tres gros monument, mais les non-Musulmans ne peuvent en visiter que les cours exterieures. Cela dit, celles que nous avons vues etaient simplement magnifiques, et nous avons eu le privilege d’etre chaperonnes par deux profs d’anglais qui se sont improvises nos guides, et qui nous ont amenes dans l’une d’elles durant la priere du vendredi soir. Je crois que sans eux nous n’aurions pas ose. Quelle atmosphere de voir et d’entendre ces milliers de personnes qui s’agenouillent et prient ensemble. Au final, Mashhad n’est donc pas aussi inhospitaliere que l’on pourrait le croire en lisant le guide. Les gens sont charmants, une fois de plus, les cours du mausolee sont accueillantes, et au fond, le seul vrai probleme, c’est la temperature…

Nous avons aussi visite a plusieurs reprises un autre batiment que nous avons trouve tres interessant, mais pas pour ses qualites architecturales: le consulat turkmene. Malgre les divers formulaires remplis a plusieurs exemplaires certifiant tout ce que l’on peut attendre d’un touriste qui se respecte, malgre les emails reguliers, plusieurs par semaine, echanges depuis plus d’une annee avec une agence de voyage sur place, pour planifier les moindres details de notre sejour, de notre itineraire (au jour pres), des transferts, des hotels ou nous allons dormir, malgre la lettre d’invitation officielle de l’agence de voyage du gouvernement, et malgre un contact russophone ici a Mashhad, ce matin, lorsque nous sommes alles au Consulat, nous nous sommes faits refuser l’entree en matiere: la photo d’identite collee sur notre demande de visa (obtenue de haute lutte avec une lettre d’invitation, elle-meme obtenue avec moultes difficultes grace a une demande de lettre d’invitation, elle-meme recue apres bien des negotiations avec l’agence de voyage) etait en noir et blanc et non en couleur. Patatras. Que faire? Refaire des photos, et revenir, bien sur!

Et donc, depuis quelques heures, apres un an d’efforts, nous sommes les heureux proprietaires d’un visa de tourisme turkmene.

Bien a vous,

Matthieu

Shiraz et la syrah

Saturday, May 13th, 2006

Mashhad, Iran. Les Iraniens disent, apparemment, que chaque menage devrait avoir au-moins deux livres: le Coran et les poemes de Hafez. Cette tradition suffit a elle seule a montrer l’importance encore actuelle de son oeuvre. Hafez, vivait a Shiraz, d’ou il etait originaire et dinait, dit-on, du dos d’un dodu flacon. Ses vers son immortels et celebres a travers tout le pays, mais ses verres sont maintenant interdits, car mollah-incompatibles. Voila qui est bien dommage. Car Shiraz en perd le vin du meme nom, elle qui a pourtant un climat ideal pour la viticulture, et peut-etre un attrait de taille.

De nos jours, Shiraz se distingue par sa proximite avec Persepolis, son mausolee abritant la tombe de Hafez, et quelques autres sites archeologiques mineurs en comparaison de Persepolis. Bien sur, les ruines de Persepolis sont tres belles, et avec un peu d’imagination, on se prend a rever de la majeste passee des palais, de la taille des entrees sur le site, et de l’etendue de la ville. Cela demande quand meme pas mal d’imagination, car les ruines sont en mauvais etat. Notre guide en a d’ailleurs profite pour nous glisser quelques morceaux choisis de propagande pour nous expliquer pourquoi tout est casse… 

Le mausolee de lui-meme est tres joli, paisible, au milieu d’un jardin, et a cote d’une maison de the tres sympathique. Un endroit ideal pour passer quelques heures juste au coucher du soleil, quand la temperature baisse enfin. On y croise des dizaines d’Iraniens qui viennent honorer la memoire du poete, lire ses vers, et qui sait, peut-etre meme trouver l’inspiration pour prendre une decision importante, puisqu’il parait que si on ouvre un livre de Hafez lorsqu’on est face a un dilemme, ses vers peuvent nous indiquer la voie a suivre.

Mais en dehors de ces deux attractions, Shiraz n’a ni la beaute d’Isfahan, ni le charme discret de Yazd, ni meme l’atmosphere sympathiquement survoltee de Teheran. Une grande ville un peu quelconque, en fait. Ce qui explique pourquoi nous avons sans regret mis les voiles apres quelques jours.

Par la meme occasion, nous avons mis de l’eau dans notre vin, euh, pardon, non, dans notre biere-sans-alcool-approuvee-par-les-plus-hautes-autorites, puisque nous avons pris l’avion pour Mashhad, et non le bus. Le dilemme etait soit 24h de route, soit 90 minutes d’avion.

Nous n’avons meme pas eu besoin des poemes de Hafez pour prendre notre decision.

Bien a vous,

Matthieu

La fiancee, le desert et l’araignee

Saturday, May 6th, 2006

Yazd, Iran. Deja trois semaines que nous avons quitte la Turquie. Nous sommes maintenant dans le desert, a Yazd. La pub dit que c’est ‘la porte du desert’, mais a mon avis, on a meme fait plusieurs pas vers l’interieur. Nous avons troque le plateau anatolien fertile pour la poussiere, le soleil, et le plateau desertique du centre de l’Iran. La chaleur aussi, et les longues routes droites, entourees de vide inhospitalier a perte de vue.

Impossible de ne pas remarquer les petits changements qui separent Yazd du reste de l’Iran. Impossible de ne pas remarquer les hommes en habits traditionnels pakistanais, les femmes tres couvertes (on est loin de l’ambiance relax de Teheran de ce point de vue-la), les maisons en terre sechee, les curry sur le menu des restaurants, les melanges d’epices qui parfument les plats, oui, on s’approche de l’Asie du sud.

Yazd elle-meme est une ville a deux faces: la ville moderne, sans grand interet, et la vieille ville, pleine de charme, avec ses hauts murs, ruelles tortueuses, tours de ventilation, maisons arrangees autour d’une cour interieure. Tout bien sur y est pense pour eviter le sable, le soleil et les tres grosses chaleurs de l’ete (la temperature peut monter jusqu’a 50 degres, parait-il). Je peine a imaginer quelle fournaise cela doit etre, lorsque les locaux nous disent qu’il a commence a faire beau il y a quelques jours seulement.

Hier apres-midi, nous avons donc momentanement quitte la ‘fiancee du desert’ (autre surnom de Yazd), pour aller voir le desert lui-meme, et dormir dans un caravanserail, le long d’une des branches sud de la route de la soie.

Le caravanserail (www.zeinodin.com) est un batiment du 16e siecle magnifiquement restaure. Il est situe entre une chaine de montagnes et une route, essentiellement au milieu de nulle part (la premiere “ville” d’importance est a 25 km). Nous y avons frappe, et le gardien a passe la tete par une trappe pour nous demander ce que nous voulions. Apres avoir montre patte blanche, nous avons pu entrer dans la premiere cour et prendre nos quartiers dans l’une des deux chambres communes qui la bordent, deux matelas sur une estrade de briques surelevee le long d’un couloir voute. Atmosphere garantie.

Une fois installes, nous sommes entres dans le deuxieme cour, la principale, entouree du refectoire, des salles d’eau, et des cuisines et dortoirs du personnel. De la, on peut monter sur le toit et observer le desert, ou simplement s’impregner du silence ambiant (nous etions les seuls clients, a part les ‘araignees-dromadaire’, voir plus bas). Nous avons fait l’un et l’autre, en regardant simplement le soleil se coucher et les couleurs changer. Magnifique de calme et de simplicite. Pour finir la soiree en beaute, nous avons mange le repas prepare par le personnel du caravanserail, y compris le pain frais cuit au feu de bois sur place par le boulanger. Une vraie experience locale, qui nous a suggere ce que devait etre la vie du temps des caravanes de la route de la soie.

Bien a vous,

Matthieu

PS: Bon, les araignees-dromadaire (camel spiders). Nous etions calmement en train de contempler le silence quand un *enorme* insecte/araignee/bestiole a pattes pas bien definie a traverse la cour. Je dis enorme sans exagerer (elles peuvent grandir jusqu’a 12-15 cm de large). Verification faite aupres du personnel, c’est donc bien une araignee (mais je crois qu’ils rigolent encore de ma description et de mon air un peu interloque devant sa taille - ils m’ont precise qu’il y en avait en effet quelques petites ces derniers jours). Apparemment un animal sujet aux pires rumeurs suite aux histoires colportees par les soldats americains dans la region. Cela dit, les verites sur cet animal sont quand meme assez loin de celles sur les araignees des jardins que l’on trouve en Suisse (http://www.camel-spiders.net/)

On tombe au milieu d’une course d’ecole

Thursday, May 4th, 2006

 Yazd, Iran - On est arrives mardi soir a Yazd, une ville en plein desert au sud de l’Iran. Une des particularites de la ville est la multitude de badgir, sorte de tours de ventilation mises au point il y a des siecles deja, qu’on voit culminer au-dessus de nombreuses maisons de la vieille ville. Ces tours permettent de refroidir l’air et de le faire circuler dans la maison, tout en laissant s’echapper a nouveau l’air chaud. Hier matin, on a decide de voir un de ces badgir de plus pres et on s’est donc mis en route pour Bagh-e Doulat Abad, l’ancienne maison du gouverneur de la ville. Le badgir de cette derniere est l’un des plus impressionnants de la ville: il se dresse majestueusement a 33 metres au-dessus du sol.

Apres la visite de cette magnifique demeure, on a choisi de s’etendre sur un des larges bancs/tables du jardin pour faire un peu de ‘life-seeing’. De nombreux iraniens etaient en visite a Bagh-E Doulat Abad ce jour la. Parmi eux, un groupe d’une soixantaine de petites filles entre 8 et 10 ans en uniforme scolaire - bleu avec un foulard blanc.

Rapidement, on a entendu glousser derriere nous. Bon, les gloussements sont devenus une petite musique qui rythme nos journees. Les jeunes filles, les fillettes et meme parfois les grands-meres ne manquent en general pas de glousser en nous voyant (les membres de la gent masculine nous lancent plutot des ‘hello’). Une locale a une fois poliment essaye de nous expliquer que si les gens gloussaient, c’est parce qu’ils essayaient de formuler quelques questions en anglais et se demandaient s’ils allaient oser nous les poser… Pour notre part, on s’est dit qu’ils etaient peut-etre quand meme lies a notre look decale (cf. ma tentative de respecter le dress code local et le chapeau de Matthieu). En tous les cas, on s’est habitues aux gloussements, et s’il n’y en a plus au Turkmenistan, ca va etre bizarre…

Gloussements donc, dans les jardins de Bagh-e Doulat Abad. Puis, une petite fille un peu plus temeraire, nous lance un ‘hello’. Quelques minutes plus tard, une autre deambule avec une copine a cote de notre banc, nous montre cette derniere et nous dit ‘friend’. Petit a petit, de plus en plus de fillettes sont venues vers nous pour nous dire bonjour, nous offrir des chips et pour finir on s’est retrouve avec une trentaine d’entre elles agglutinees autour de nous. Bon, le dialogue etait assez limite. On a fait les presentations, explique que nous venions de Suisse, dit notre age (qui les a semble-t-il abasourdies) et que nous etions maries (’no babies?’ ont-elles immediatement demande, preoccupees). Elles nous ont ensuite chante tout un tas de chansons (j’ai pour ma part particulierement aime Frere Jacques en Farsi avec ‘hi du du’ au lieu de ‘ding dang dong’) jusqu’a ce que leurs maitresses viennent voir ce qui creait un tel ram-dam au sein de leurs jeunes pupilles. Une chanson a encore ete chantee, puis les maitresses nous ont convies a partager le repas qu’elles prendraient avec leurs eleves dans le jardin…

Un kebab bien sur, mais un kebab que nous avons deguste, heureux d’avoir ete adoptes pour quelques instants par ces fillettes iraniennes.

Amities
Ingrid

MBDCTM

Monday, May 1st, 2006

Isfahan, Iran. Je manque d’adjectifs pour decrire Isfahan. Oh, je pourrais employer ‘extraordinaire’, voire ‘genial’, mais ca serait un peu plat. Il faut dire que cette ville est juste dans une ligue a elle. Alors, rapport aussi a mes origines, j’ai decide d’employer l’adjectif ‘Monstre-bonnard-de-chez-top-moumoute’ (MBDCTM, avec accent fribourgeois). Voila, Isfahan, c’est une ville MBDCTM.

Nous sommes arrives il y a presque une semaine avec l’intention d’y rester 3-4 jours, comme a notre habitude. Impossible. Nous n’avons pas reussi a decoller de son centre historique, le Square de l’Imam. Apparemment, le square est le deuxieme plus grand au monde, apres la place Tienanmen, et je n’ai aucune difficulte a le croire. Mais son interet va bien au dela de sa taille. Il est flanque de trois momuments incroyables: la Mosquee de l’Imam (une des plus grandes au monde), la Mosquee du Cheikh Lotfollah (apparemment une des plus belles d’Iran), et la palais d’Ali Qapu. Et donc, le square est MBDCTM. Non seulement les monuments sont beaux individuellement, mais l’ensemble est remarquable de finesse et d’elegance. En plus, le square est, fait notable pour l’Iran, ferme au trafic, donc on peut l’admirer sans risquer de se faire tuer par une voiture lancee a toute allure, et sans bruit. Un vrai luxe!

Mais il y a plus. Au sud de la ville coule une riviere, traversee par plusieurs ponts historiques, tous tres elabores, souvent magnifiques. Le plus chouette a deux etages, un pour traverser, et un qui abrite une maison de the en plein air, ou on peut donc siroter son petit the au milieu de la riviere. Tres chouette. Et si on le traverse, on arrive au quartier armenien (chretien, donc), avec ses eglises, sa cathedrale melant dessins islamiques et iconographie chretienne, bref, il y en a vraiment pour tous les gouts, et pour plusieurs jours de visites. Je n’ai du coup aucune peine a croire celles et ceux qui affirment qu’Isfahan est la capitale culturelle du monde islamique. C’est MBDCTM-ement possible.

Bon, par contre il y a un truc pas MBDCTM du tout a Isfahan. C’est le staff de l’hotel Mehr, ou jusqu’a hier nous avions loue un appartement presque aussi grand que le notre a Geneve. Bon, ben le staff a pas du comprendre quand nous leur avions dit que nous resterions *au moins* 4 nuits. Alors au bout de 4 nuits, ils ont reloue la chambre. Ce qui fait qu’hier, a 12h30, ils nous ont dit de liberer les lieux avant 13h. Comme ca, sans preavis. Je crois que ca merite un autre adjectif. Quid de Monstre-naze-de-chez-bottom-nul (MNDCBN)?

Bien a vous,

Matthieu

Teheran

Saturday, April 29th, 2006

Isfahan, Iran. Ca commence comme une douche froide. Le bruit, le trafic, la poussiere, les gens, partout, le chaos. Une grande ville, une immense ville, qui vit et bat au rythme de sa population, au pied de hautes montagnes (qui culminent a plus de 5600 m). Ca surprend, ca stimule, ca fatigue. On est bien loin de la province.

Le bazar occupe un quartier entier, venerable institution ou le prix de n’importe quelle denree est fixe pour tout le pays, et ou, bien sur, tout se vend et tout s’achete. Apres deux heures, nous en sommes ressortis lessives et content de ne rien vouloir acheter…

Pourtant, sourdement, une petite flamme brille. La force de vie de cette ville, ses habitants chaleureux, ses grandes avenues, tout cela contribue a un certain charme. Oh, bien sur, pas un charme de “jolie ville”, mais peut-etre bien plutot le charme indescriptible d’une “ville a vivre”.

Du sympathique chaos du sud, aux petits cafes tendance du nord, du campus de l’universite au magnifique palais du Golestan, tout seduit, gentiment, presqu’insidieusement, et sans que l’on s’en rende compte, on commence a aimer cette ville.

Vue d’en haut, Teheran s’etend a perte de vue, sur des dizaines de kilometres. Mais en respirant l’air de la montagne, on ne se sent plus ecrase par sa taille, juste invite a se replonger dans ses ruelles, pour explorer encore un peu de son charme tranquille.

Bien a vous,

Matthieu

Un apres-midi en compagnie de Mehdi et Negin

Friday, April 28th, 2006

Isfahan, Iran - C’est completement par hasard que nous avons rencontre Mehdi et Negin. Nous venions de pratiquer le keyif dans un des cafes branches du Ghandi Shopping Center, un petit centre commercial de la banlieue nord de Teheran ou les boutiques Zara et Gap cotoient plusieurs cafes aux atmospheres qui n’ont rien a envier aux plus chouettes cafes d’Europe.

Nous etions donc au Gandhi Shopping Center en train de nous demander ou nous irions prendre notre repas du soir, lorsque Negin est venue vers nous pour nous offrir son aide. Negin et Mehdi nous proposent de nous conduire en voiture a un restaurant indien (ouf, autre chose que du kebab!) a quelques blocks de la. Nous faisons connaisance; le feeling est bon et nous echangeons nos numeros de telephone pour eventuellement boire le the ensemble un autre jour (ben oui, pas de bieres dans ce pays).

Le lendemain, Mehdi nous appelle a notre hotel. Il propose que nous dejeunions ensemble. Le rendez-vous est fixe pour le lendemain, 12h30 a Vanak Square.

Mehdi et Negin se sont arranges pour avoir une demie journee de conge. Ils nous emmenent au pied des montagnes (dont le sommet le plus eleve est de 5600 metres!) qui bordent Teheran au nord de la ville. Nous marchons le long d’un ruisseau jusqu’a un petit restaurant perdu au milieu de collines arides. De larges bancs couverts de tapis font office de tables et sieges a la fois.

Le temps filera en compagnie de Mehdi et Negin. Nous racontons nos parcours. Ils nous expliquent comment ils vivent. Mehdi nous parle de son emploi du temps charge. Il est ingenieur civil, a un bon job dans une compagnie iranienne et fait un MBA en parallele. Il a rencontre Negin qui a 22 ans et est etudiante en Russe il ya 3 ans. Et comme il l’explique “In Iran, it is a hassle to have a girlfriend”. Complexe, en effet, de se retrouver dans ce pays si on est pas marie. Mehdi et Negin habitent tout deux encore chez leurs parents (ce qui est la norme en Iran avant de se marier) et il n’est pas acceptable d’avoir une liaison. Ils se rencontrent donc dans un cafe ou dans un parc et doivent dejouer la police des moeurs. Ils font parfois plus d’une heure de route pour se retrouver - les embouteillages a Teheran sont legendaires.

On passera plusieurs heures a parler de tout et de rien et aussi a rigoler - rien de tel qu’un sense de l’humour partage pour passer un bon moment. Ils nous emmeneront encore a un endroit d’ou la vue sur Teheran nous donne une idee de son immensite, puis boire un jus frais de melon et fraise avant que Mehdi ne parte pour l’aeroport pour un voyage d’affaires.

Un apres-midi au cours duquel nous avons savoure chaque instant.

Amities.
Ingrid

Un reveil pas comme les autres

Monday, April 24th, 2006

Teheran, Iran - 7h00 du matin. Depuis mon lit au ressorts inegaux de notre chambre spartiate du centre de Teheran, j’entends la cloche d’une ecole. Le gouvernement a cette annee decide pour le premiere fois depuis des decennies de ne pas passer a l’heure d’ete, mais de decaler les horaires des classes d’ecole ainsi que de certaines administrations. Les eleves commencent ainsi leurs cours a 7h00.

Une voix grave surgit d’un haut parleur.  Les eleves repondent en coeur une sorte de refrain. Pour nous, un charabia qui nous sort petit a petit des bras de morphee. Les voix sont presque stridentes. Pendant un quart d’heure, les eleves hurlent des paroles incomprehensibles sous nos fenetres. Est-ce pour louer Allah? Nous nous promettons d’investiguer.

Une journee qui commence avec un reveil pas comme les autres.

Amities.

Ingrid

NB (28.4.2006) Investigation faite, les eleves doivent en effet reciter plusieurs versets du Coran avant de commencer les cours de la journee.

Sous mon foulard

Sunday, April 23rd, 2006

Teheran, Iran - Deja une semaine que je deambule aux cotes de Matthieu dans les rues de Tabriz, Zanjan, Rasht et maintenant Teheran sous mon foulard. Je m’y suis habituee beaucoup plus vite que prevu et le noue maintenant chaque matin presque machinalement. Parfois, cependant, je peste, comme par exemple lorsque je suis obligee de mettre un foulard pour aller a 2h du matin dans les toilettes a l’etage du mosaferkhuneh (auberge pour voyageurs) dans lequel nous passons la nuit.

Les femmes iraniennes ont mille et une facons de nouer leur foulard et surtout de montrer ou non quelques meches de cheveux. Le foulard semble devenir un accessoire de mode et une maniere de prendre position par rapport aux regles fixees par le clerge.

Ce qui est beaucoup plus etrange a vivre, c’est la stricte separation entre hommes et femmes dans la vie quotidienne. Matthieu vous a deja parle des bus dans lesquels je monte a l’arriere avec les femmes et lui a l’avant avec les hommes ou du banquet de mariage dont nous avons ete temoins avec ses tables reservees aux hommes et d’autres aux femmes. Mais il y a encore une multitude d’autres exemples. A l’internet cafe de Rasht, la section pour les hommes etait separee de celle des femmes par une paroi. A la boulangerie, une file d’attente est reservees aux femmes et une autre aux hommes.

Une experience tres particuliere pour une petite suissesse…

Amities.
Ingrid

3 jours presque comme a la maison

Sunday, April 23rd, 2006

Teheran, Iran - Nous sommes arrives hier a Teheran, une ville chaotique de 14 millions d’habitants ou le bruit du trafic incessant et les gens qui vous bousculent constamment vous enveloppent sans vous laisser souffler. On a pris la ville en pleine figure, nous qui sortions d’un cocon qui nous rappellait la sensation douce d’etre a la maison…

C’est a Rasht, une ville a quelques kilometres de la mer Caspienne, que nous avons vecu ces quelques jours de pause dans notre vie nomade. Les parents de Nima, un ami de Matthieu, nous ont accueillis a bras ouverts dans leur maison. La mere de Nima nous a cuisine de delicieux plats iraniens. Il faut savoir qu’en Iran on ne trouve dans les restaurants presque que du kebab car la cuisine iranienne demande apparemment de longues heures de preparation (a tel point qu’on commence a se demander si on est pas sur la route du kebab plutot que sur la route de la soie…). Neda, la soeur de Nima, nous a fait decouvrir Rasht, y compris les cafes trendy. Enfin, ils nous ont emmene decouvrir les environs, un village de montagne et la mer caspienne.

Il a ete bon de se reposer aupres de la famille de Nima et nous sommes maintenant prets pour reprendre la route.

Amities.
Ingrid