Prologue
Wednesday, January 18th, 2006Bon, alors voilà, c’est fait, et ce qui n’est pas encore fait se prépare. Nous avons prévenu tout le monde, donné notre démission, réglé les divers (mais nombreux) détails, etc. Ensuite nous nous sommes dit “oui” et, fatigués mais heureux avons décidé de partir à la montagne trois jours pour simplement prendre l’air, un peu de repos, et la vie du bon côté. Parfait.
Ah, la montagne, c’est beau, c’est vivifiant, c’est imposant, et surtout, la montagne c’est le plein air, quoi, donc à la montagne, on sort prendre l’air. Bon, donc ni une ni deux, Ingrid et moi décidons d’aller faire quelques promenades. Il faut dire qu’avec la course de ces dernières semaines / mois, nous n’avons pas réussi à trouver l’énergie d’aller skier les deux premiers jours. Mais par contre il y a plein de balades à faire. La vallée de Chamonix est belle, assez reculée en amont d’Argentière, et elle regorge de points de vue magnifiques.
Le premier jour, nous arrivons jusqu’au col de la Forclaz, et le deuxième jour nous décidons d’aller au Lac d’Emosson. J’y étais allé il y a des années avec mes parents et des amis, et en ai gardé de beaux souvenirs. C’est donc le coeur léger qu’Ingrid et moi nous mettons en route ce matin-là pour Emosson.
La première surprise est que les panneaux portent tous l’inscription “Emosson” barrée. Nous nous en surprenons, décidons de continuer malgré tout, et espérons parvenir au lac par la grand-route. Bon, plus nous montons, plus la route se resserre, et tous les panneaux portent la même inscription barrée. Bizarre.
Quelques kilomètres plus haut, nous comprenons. La route aussi est barrée… par la neige. Forcément, au mois de janvier, c’est peut-être normal. Nous nous assurons juste auprès d’un local qu’il s’agit bien de la bonne route, qu’il n’y en a pas d’autre, peut-être, et surtout s’il est bien possible d’aller au lac. Et sa réponse fuse, claire et précise: “Bien sûr qu’il est possible d’arriver au lac. En peau de phoque”.
Alors c’est effectivement dans ces moments qu’on préférerait disparaître très vite très loin, tout de suite, et ne pas avoir ouvert la bouche pour poser cette question de citadin naïf. Et quand je pense que nous avons l’intention de traverser l’Asie par voie de terre, je me dis qu’il est bien que nous soyons deux pour mener le projet à bien…
Bien à vous!
Matthieu