Archive for March, 2006

Sur la mer

Friday, March 31st, 2006

Pamukkale, Turquie. La houle se fait plus forte. La cote s’eloigne sur l’horizon. Nous nous dirigeons vers le large. Le vent forcit. Une voix se fait entendre: “ça commence!”

Imperceptiblement, les ombres perdent de leur nettete. Le pont du bateau secoue de plus en plus, de petits moutons d’ecume ornent les vagues. Le bateau maintient son cap plein sud, et danse sur les vagues. Il fait presque frais, malgre le soleil de midi. Un bref coup d’oeil: oui, ça a bel et bien commence.

Les reflets sur l’eau brillent au loin. Le bleu profond de l’eau se noie dans celui du ciel, a peine interrompu par la mince zebrure beige de quelques montagnes a l’horizon. Je frissonne.

J’enleve mes lunettes de soleil. La lumiere prend une teinte metallique inhabituelle. Le vent souffle de plus en plus fort. Plus qu’un petit croissant qui se ferme a vue d’oeil, la luminosite baisse, et baisse, et toujours cette lumiere grise.

Tout a coup ça y est. Venue de nulle part, l’ombre qui court sur la mer nous submerge, il fait nuit, il fait froid, l’eclipse est totale. Le vent tombe. Un coucher de soleil nous entoure dans toutes les directions, love derriere l’horizon. Une etoile. Il est 13h. Le soleil a disparu.

Mes yeux s’habituent a la vague penombre sans parvenir a me convaincre qu’il fait vraiment nuit. L’atmosphere transpire une tension latente, une sorte d’impatience contenue, comme si la nature entiere retenait son souffle. Quelquechose cloche.

Un petit souffle de vent accompagne le tout premier rayon qui nous revient. La lune commence a nous rendre le soleil.

Bien a vous.

Matthieu

Anatolie

Friday, March 24th, 2006

Egirdir, Turquie. Nous voila a Egirdir, un tres joli village perdu dans les montagnes de la “region des lacs”.  Un lac, donc, tres grand, le quatrieme de Turquie en taille, et des montagnes partout autour. Ah oui, il y a aussi une base militaire des troupes commando juste a cote (nous avons eu une demonstration cette apres-midi, avec defile, lever des couleurs, fanfare et tout et tout). Nous sommes donc en Anatolie centrale.

Le trajet a ete plus que pittoresque depuis Pamukkale (notre precedent arret). Vu depuis le bus qui nous a amenes ici, le paysage a subtilement commence a changer. De la plaine cotiere, nous sommes maintenant montes sur un plateau, a environ 1000m d’altitude, et de tous les cotes il y a des montagnes ou des collines, vides, a l’exception d’un village de temps en temps ou d’un berger avec son troupeau. Peut-etre pour la premiere fois, nous avons l’impression d’etre un peu plus loin de l’Europe et des paysages familiers, sans meme mentionner la vie familiere.

Tout cela me donne l’impression que nous nous sommes gentiment mis “dans le bain” du voyage. Depuis Istanbul, ou nous avons commence par simplement decompresser, nous avons visite Bursa (ancienne capitale imperiale ottomane), Bergama et son extraordinaire acropole, Ephese, et Pamukkale. Tous ces endroits sont plus ou moins touristiques (sauf Bursa), et aussi essentiellement similaires a bien des endroits en Europe.

Mais avant-hier en montant dans le bus a Pamukkale, nous savions que nous nous dirigions vers l’est, la Turquie plus traditionnelle, plus rurale. Et nous n’avons pas ete decus, ni par le trajet, ni par Egirdir. Ici nous sommes bien depayses.

Cet apres-midi, nous sommes montes dans un village perdu dans les montagnes derriere Egirdir, a deux heures de marche. Je precise les deux heures de marche parce qu’il n’y a pas de bus pour y aller. Donc au final, nous sommes entres dans le village, et nous avons fait un saut dans le temps. Quelques maisons, des vergers, un peu de betail, peu de personnes en dessous de 50 ans, aucun anglophone, presque pas de vehicules (un tracteur ici et la), et voila. Bon, aussi une vue plongeante magnifique sur le lac, 500m plus bas et… le silence. Pas de bruits, pas d’eclats de voix, pas de trafic. Et aussi la sensation amusante que tour a tour, tous les habitants du village sont sortis sur leur terrasse a notre passage. Ingrid a meme discute quelques minutes avec une vieille dame qui avait sorti deux chaises en plastique devant sa maison pendant que je prenais des photos. Elle finira d’ailleurs par nous faire du the pendant que nous mangeons notre pic-nic sous sa veranda. Oui, de toute evidence, nous sommes en Anatolie.

Bien a vous,

Matthieu

Jour de marche a Egirdir

Friday, March 24th, 2006

Egirdir, Turquie - C’etait jour de marche hier a Egirdir. Sur la grande place de ce bourg de 18′000 habitants, les stands se serraient les uns contre les autres. Un vent violent soufflait et les marchands etaient emmitouffles dans de grosses vestes. La ville est a 1000 metres d’altitude et il y fait encore frais. Les montagnes qui entourent le lac sur les rives duquel Egirdir s’etend sont encore saupoudrees de neige.

On se balade parmi les stand de fruits et legumes, d’olives (au moins 15 sortes), de produits laitiers, mais aussi de cuilleres en bois, d’habits et de toutes sortes d’ustensils. Matthieu fait quelques photos et a rapidement du succes: une dame de 60 ans vient lui demander de la prendre en photo, un autre souhaite que son ami et le fils de ce dernier soient eux aussi photographies et enfin le marchand d’oeufs pose et est deçu de voir que le sujet principal de la photo etait les oeufs et non lui.

On decide d’acheter un pic-nic. On choisit un premier morceau de fromage. ‘Kaç lira?’ (combien ça coute?) demandons-nous au marchand. Il sourit et nous fait signe que ça ne coute rien. La quantite est trop petite. Il y a pourtant bien 100 grammes de fromage. Il est vrai que la plupart des clients semble acheter de grandes quantites (chiffrable en kilos et non en grammes) - peut-etre pour nourrir des familles nombreuses. On croise un marchand de pain au sesame et on lui en achete. Plus loin, une fromagere semble avoir un succes tout particulier. On s’approche et elle nous tend un morceau de fromage, un bout de pain au sesame et un oignon vert (spring onion) pour gouter. Le fromage est tres bon et se marie bien avec l’oignon. On decide d’acheter de son fromage et on trouve plus loin quelques oignons verts pour l’equivalent de 25 centimes. On complete notre pic-nic par quelques olives avant de trouver une petite ruelle abritee du vent et baignee de soleil pour le deguster. Un petit moment de bonheur que j’avais envie de partager avec vous.

On vous souhaite un bon week-end a tous.

Amities.

Ingrid

 

Aphrodisias

Tuesday, March 21st, 2006

Pamukkale, Turquie - Il y a plusieurs mois, mon chef avait mentionne Aphrodisias comme etant un site tout a fait exceptionnel. J’en avais mentalement fait une note, espérant pouvoir y faire un saut a la prochaine occasion. Eh bien, l’occasion s’est presentee et le saut fut fait ce jour.

Tout n’avait pourtant pas tres bien commence. Pour s’y rendre en transports publics - notre moyen habituel pour nous deplacer - il faut prendre plusieurs bus d’affilee, et surtout, d’apres le informations recoltees, accepter de ne jamais savoir si on y arrivera vraiment: aucun bus n’a comme destination Aphrodisias - il faudrait donc convaincre le chauffeur de nous deposer a quelques kilometres de la. De plus, aucune certitude de trouver un bus pour rentrer - la route non loin du site est apparemment peu pratiquee. La poisse, donc. L’alternative etait un tour organise. Pas notre option favorite, mais bon, ca ferait l’affaire pour cette fois. On l’a meme envisage positivement: ca sera agreable d’etre pris en charge pour une fois. On s’est donc mis en quete de ce fameux tour organise, le coeur leger et encore innocents des quelques obstacles qu’il nous faudrait franchir pour meriter Aphrodisias…

Il y eut d’abord Ahmet (j’ignore son nom de famille, mais j’ai deja rencontre deux de ses freres, une de ses soeurs et une de ses belle-soeurs; ceux qui ont voyage en Turquie auront surement aussi rapidement rencontre des familles entiere au detour d’une reservation) qui tient une pension a Pamukkale. Il  n’etait pas parvenu a nous convaincre de prendre une chambre dans sa pension, et nous a donc propose divers tours. Le prix de celui pour Aphrodisias etait, apres negociation bien sur (c’est fou ce qu’on s’ameliore en matiere de marchandage quand on sait que la consequence sera de pouvoir avoir une chambre chauffee et donc de ne pas devoir dormir en dessous de laine, malgre son sac de couchage et moultes couvertures - les nuits sont fraiches en Anatolie…) totalement hors budget pour nous, et je crois qu’il qualifıerait d’usurier en cette saison. Nous sommes ensuite alles au bureau de la compagnie de bus voisine de la Pension d’Ahmet. A nouveau, prix crevant tout pafond envisageable. Bon, la compagnie de bus est geree par le frere d’Ahmet… Peut-etre une famille a l’esprit commercial surdeveloppe. On essaie une autre compagnıe de bus, et la, nous voyons moins de dollars dans les yeux du gerant - il profıtera d’un voyage a Aphrodisias pour voir un de ses amis malade - et notre boule de crystal nous dit que nous devrions decouvrir ce site mythique d’ici peu. Le prix promis n’est valable que si un autre client se joint a nous. ‘Easy, peasy’, nous sommes-nous dit. C’etait compter sans la basse saison et les touristes presses de continuer vers la Cappadoce… Nous devrons attendre 36 heures pour trouver la perle rare.

Ce matin donc, depart pour Aphrodisias, plein d’attentes. Eh bien, nous avons ete eblouis! Aphrodisias comporte notamment un stade du 2e siecle de notre ere, extremenent bien conserve (apparemment c’est le stade romain le mieux conserve de la planete) encore plein de vibrations, un beau theatre et une porte de la ville qui en dit long sur la grandeur de celle-ci au debut de l’ere chretienne. Bref, on a adore se balader et profıter des nombreux moments ou on s’est retrouves totalement seuls au milieu de ces vielles pierres. Apres Pergame et Ephese, on a encore une fois ete transportes.

Pour ceux qui aimeraient voir quelques photos de ce site extraordinaire, voici une adresse internet qui vous en propose quelques-unes en attendant celles de Matthieu d’ici, euh, quelques mois… http://travelpics.ifrance.com/turquie/aphrodisias/photosd’haphrodisias.htm

Amities a tous.

Ingrid

Le café

Tuesday, March 21st, 2006

Pamukkale, Turquie. Je marche dans la rue poussiéreuse. Une voiture klaxonne, un homme crie, un autre gesticule. Les bruits de la ville.

Je pousse une porte et entre.

L’endroit est petit, sans etre étriqué. Comme si la taille du lieu participait à son atmosphère. Dans l’angle, une table, et un banc autour. Plusieurs hommes sont assis devant des tasses plus ou moins pleines. Une machine dans un autre coin, de la vapeur qui en sort, et une forte odeur de café.

La télévision nous abreuve en permanence de musique vaguement kitsch entrecoupée de nouvelles. Je commande un café. Le maitre des lieux se lance dans un rituel bien huilé, la machine qui crache de l’eau bouillante et de la vapeur, le mélange de la poudre de café moulue très fine avec le sucre, la cuillère qui tape sur les bords de la petite cafetière, la flamme qui jaillit, un peu de patience, et il me remplit une petite tasse. Je suis assis sur le banc, au milieu de plusieurs personnes du discours desquels je ne comprends pas un traitre mot, dans cet endroit paisible, hors des bruits de la ville, et ma tasse de café remplit mes narines de son odeur amère et douce.

Une gorgée, une autre, et rapidement la sensation sablonneuse qui marque la fin de la tasse. Je paie, je me lève, et je ressors.

Les bruits de la ville m’assaillent. 

Matthieu

Culture classique

Tuesday, March 14th, 2006

Bergama, Turquie. Vous avez deja croise de ces livres serieux, genre livres que personne ne lirait sauf s’il y etait force? Par exemple sur des sujets comme l’economie politique internationale comparee de la premiere moitie du 20e siecle dans les regions finno-ougriophones, ou encore sur l’amelioration de la theorie quantique du champ des ligands dans la conception russe de la chimie minerale d’avant la guerre de Crimee? Bon, eh bien nombre d’entre eux portent la marque “Pergamon Press”, du nom de la ville romaine de Pergamum, en Asie mineure. Bon, eh bien c’est la que nous sommes. A mon grand soulagement, l’editeur en question n’a pas de magasin ni d’imprimerie ici.

Donc Pergamum (Bergama aujourd’hui) est un gros bourg avec un immense marche aux legumes, plein de tracteurs, un marche couvert vaguement decevant, une rue centrale de 800 metres de long et… un site extraordinaire sur une colline juste derriere.

Ingrid et moi avons ce matin vaillamment gravi la colline, je dis vaillamment car on n’etait jamais vraiment surs d’arriver en haut avant la pluie. Et je dois dire qu’autant la ville moderne ne presente aucun interet (sauf la pension Athena, nous y reviendrons), et autant le site antique est incroyable (Obelix aurait confirme: elle est magnifique, cette cropole). Sur le flanc de la colline, il y a les restes d’un theatre de 10′000 places, une ville etalee sur trois niveaux entre la plaine et le sommet, le tout peu restaure, mais juste assez pour que ca donne une excellente idee de la taille, la majeste et l’importance de l’ensemble. En plus, la vue depuis le sommet est incroyable, pas difficile d’imaginer que personne n’aurait voulu assieger cet endroit sans y avoir tres bien reflechi auparavant. Excellente visite.

Bon, l’autre point vraiment bien a Bergama, c’est la pension Athena, qui, selon son propre slogan, “n’est pas la meilleure, mais fait son possible pour le devenir”. Ce qu’elle a de formidable, c’est que le patron nous prete la cuisine, et donc cet apres-midi, apres la visite (et avant l’averse), Ingrid et moi nous sommes mijote le plus extraordinaire demi-kilo de cornettes a la sauce tomate de ce cote-ci du Bosphore. Magnifique. Comme quoi rien ne vaut la cuisine faite maison.

Comme quoi aussi, alors que le pere d’Ingrid nous a donne comme consigne pour le voyage d’essayer de ramener en Suisse un plat aussi genial que le macaroni importe par Marco Polo, eh bien nous allons commencer par essayer de l’implanter en Turquie car le brave M. Polo n’y est pour le moment pas encore arrive.

Bien a vous.

Matthieu

Contrastes

Sunday, March 12th, 2006

Cumalıkızık, Turquie. Cumalıkızık, petit village de 700 habitants sur les flancs de la montagne Uludag, dont le sommet flirte avec le ciel a 2500 metres. Les rues sont pavees de grosses pierres de formes variees. Un mince filet d’eau coule au milieu de de la rue principale. Les maisons jaunes, bleues, vertes nous acceuillent chaleureusement. On se sent loin, tres loin d’Istanbul.

Nous trouvons une chambre dans le seul hotel du village et partons decouvrir l’endroit. On croise quelques habitants et des enfants qui jouent dans les ruelles. Tout est calme. Le soir, à l’unique restaurant du village, seuls 4 autres convives goutent la delicieuse cuisine de la patronne. Notre vocabulaire turc et notre maitrıse des signes font des bonds de geants; personne ne semble parler une autre langue que le turc ici.

Samedi matin, a peine le nez dehors, un vent nouveau semble souffler sur Cumalıkızık. Au moins 30 paires de chaussures nous acceillent lorsque nous nous rendons au restaurant local pour le petit dejeuner - en Turquie il est d’usage de se dechausser lorsqu’on entre dans une maison. Toutes les tables sont occupees. Cumalıkızık semble une destinatıon prisee pour le brunch par les habitants de Bursa, une ville d’1 million d’habitants a 45 minutes de bus.

Sur la place du village, des femmes vendent des bocaux de conserves aux visiteurs. Nous nous approchons de l’une d’entre elles et lui demandons si nous pouvons la prendre en photo. Elle doit avoir environ 65 ans mais son visage est marque par le temps. Elle nous fait une longue reponse - mais que dit-elle? Un jeune homme apparait soudain et nous demande dans un anglais presque parfait s’il peut nous aider. C’est le conducteur d’un gros car qui vient de deverser une nouvelle garnison de touristes turcs. Nous lui expliquons la situation. Il intervient comme interprete. La dame nous dit qu’elle a un fils qui ressemble a Matthieu, que son fıls est parti etudier aux Etats-Unis et qu’il s’est installe la-bas. Dans quelle ville demandons-nous? Elle ne sait pas, mais sa soeur a rendu visite a son fils il y a quelques temps. La conversation, s’epuise apres quelques echanges. Elle acceptera d’etre photographiee par Matthieu.

Amities d’une Turquie qui petit a petit nous devoile ses contrastes.

Ingrid

Les commis à la Migros MM

Sunday, March 12th, 2006

Cumalıkızık, Turquie. Non, je n’ai pas perdu la boule, ni été frappé d’une crise de mal du pays subite, ni meme décidé d’avouer mes préférences pas si cachées pour l’une des deux chaines de distribution de produits alimentaires en Suisse. Je viens juste, avec Ingrid, d’aller faire un tour à la Migros de Bursa.

Donc, nous avons quitté Istanbul vendredi pour un charmant village perdu dans les montagnes, Cumalıkızık, 700 habitants, à coté de Bursa, ancienne capitale de l’empire ottoman. Et au détour d’un bus brinquebalant qui nous amenait du terminal des minibus jusqu’au ‘teleferik’ (en turc dans le texte - non, ça n’est pas le nom d’un chef goth dans Astérix), nous avons aperçu une Migros. Etonnant, non? Apparemment, la Migros est donc implantée, outre la Suisse, en France, Allemagne, Autriche et… Turquie. Il y a dit-on une MMM à Istanbul, probablement plusieurs autres dans certaines grandes villes, et il y en a une à Bursa.

Donc comme le téléphérique était fermé, nous sommes allés nous promener et avons fini la promenade à la Migros. Bon, alors au final, c’est pas une Migros comme à la maison, hein, il y a de l’alcool, des produits de marque, pas de thé froid M-thé comme j’aime, ni de M-budget. Probablement normal, mais donc comme une demi-Migros, en quelque sorte. Euh, ça fait quoi, ça, une Quart-gros?

Bien à vous!

Matthieu

17.4

Thursday, March 9th, 2006

Istanbul, Turquie. 17.4… Non, il ne s’agit pas de la température moyenne locale, ni de la profondeur maximale du Bosphore, ni meme encore des kilos de massepain turc - absolument délicieux - déjà ingurgités jusqu’ici (il a bien fallu trouver un substitut au chocolat apporté de Suisse, lequel est rationné à deux carrés par jour…). Il s’agit du poids de mon sac à dos. Comment ai-je fait pour avoir un sac plus lourd que celui de Matthieu, qui a avec lui tout un matériel photo et un sac de 16.8 kg seulement, me direz-vous. Mystère! Bon, j’admets que les diverses crèmes (crème pour le visage, pour le corps etc.) et les 2-3 petits extras pour se faire jolie (ben oui, on est quand meme en voyage de noces) y sont peut-etre pour quelque chose.

Alors, voilà, pour remédier à cette situation, voilà plusieurs jours que j’examine le contenu de mon sac à la loupe pour trouver ce dont je pourrais me passer. Pas évident quand on a seulement pris ce qui nous semblait le strict minimum. Je décide pour finir de me passer d’un linge (j’en avais pris 2 pour en avoir non seulement un high-tech, mais aussi un vrai - le high-tech c’est bien, sauf pour avoir l’impression d’etre à la maison), un livre dont nous avons conclu avec Matthieu que les chances de l’échanger sur le chemin seraient proches de zéro (les routards sont apparemment plus friands de littérature grand public en anglais que de littérature japonaise traduite en français) et une ou deux autres bricoles. Tout contents, nous partons ce matin pour la poste. Et là, une petite expérience loco-locale nous attendait. Arrivés dans le magnifique batiment fin XIXe de la poste, nous nous trouvons confrontés à un distributeur de numéros. Quelle option choisir? A part Bonjour, au revoir et compter jusqu’à 10, nos connaissances de turc sont encore limitées. Nous vérifions donc avec une locale. Nous voilà heureux propriétaires du numéro 893. Nous levons les yeux vers le panneau; mince! on en est au numéro 717. Pourtant, il n’y a que quelques péquenots. Bon, on décide quand meme de patienter quelques minutes. 10 minutes plus tard, c’est notre numéro qui s’affiche. Un bon magistral de 170 numéros nous a redonné le sourire. On était cependant pas tout à fait au bout de nos peines… Le monsieur au guichet, nous informe que pour acheter l’emballage en tant que tel, il faut s’adresser à un autre service (”Koli Servisi” - et oui, parfois le turc n’est pas si difficile) qui est à gauche en sortant de la poste. Ledit service a d’autres heures d’ouverture que la poste, et donc il nous faut attendre. Heureusement, l’attente n’est pas trop longue et nos affaires sont bientot magnifiquement empaquetées. Pour l’envoi, il nous faut cependant retourner à la poste. Surs de nous, nous prenons un nouveau numéro. 905. Le panneau affıche encore 894. Bizarre, bizarre. Le monsieur derrière le guichet a disparu. On attend. Après quelques minutes d’observation, on découvre qu’une fıle s’est formée devant un autre guichet. On decide de s’y joindre, à tout hasard. Bien nous en a pris: la nouvelle personne au guichet avait apparemment décidé de ne pas faire usage des numéros…

Voilà, notre quotidien, outre les mosquées paisibles, les quartiers aux saveurs d’Orient et le dernier restaurant trend d’Istanbul, est aussi fait de moments très terre à terre. J’avais envie d’en partager un avec vous.

J’espère que tout va pour le mieux pour vous.

Amitiés.

Ingrid

 

 

En mars, ne te decouvre pas d’un fil

Thursday, March 9th, 2006

Istanbul, Turquie. Ces deux derniers jours, les balades à Istanbul m’ont évoqué deux chapitres de deux livres que je n’ai pas lus: le déluge, Noé et son arche dans la Bible, et l’hiver à Tabriz dans l’Usage du monde de qui-vous-savez.

Précisons dans un premier temps qu’il est vrai que dans la Bible, le déluge dure 40 jours et 40 nuits. Alors je ne vais pas me plaindre, vu que nous avons tout de meme évité les 38 derniers jours et les 38 dernières nuits… Mais, soyons honnete, ça nous a donné une idée de ce que ça a du etre, et ça nous a aussi montré pourquoi le déluge a eu lieu autour du Mont Ararat, en Turquie, donc. Du coup, Ingrid s’est sentie dans son élément (liquide) pour le très joli tour sur le Bosphore que nous avons fait, puisque cela lui rappelait les sorties en mer dans son Angleterre natale… Ah, la “bruine”!

Bon, au bout du tour du Bosphore, il y a un village de pecheurs ma foi fort charmant, qui garde l’entrée du detroit. Il est surplombé par un chateau en ruine d’où on peut voir la Mer Noire, et qui servait, à l’époque, à surveiller les allées et venues des bateaux. J’y suis monté, histoire de voir de quoi il en retournait, mais bon, la vue n’était pas au rendez-vous, ça faisait un peu comme si j’avais regardé une télé réglée entre deux chaines sur une terrasse en hiver pendant un jour blanc. Bon, sans le bruit de la télé. La bonne nouvelle c’est que maintenant je sais que c’est vrai lorsqu’ils disent que le matériel en Gore-Tex résiste à l’eau et “respire”: 25 minutes de montée, 15 en haut, et 15 de descente, et j’étais toujours bien au chaud et bien au sec, ce qui, au vu des conditions, n’était pas gagné d’avance!

Sinon, l’autre chapitre c’est celui sur Tabriz. Parce qu’hier, avec les températures que nous avions, il s’est mis à neiger! Assez rare, par ici. Et très joli. Nous sommes allés sur l’artère principale de Beyoglu (le quartier plus moderne du centre d’Istanbul), et on se serait presque crus à Noel. Marrant de se promener sous la neige ici.

Voilà, à part ça notre séjour à Istanbul s’achève, nous mettons les voiles demain pour la région de Bursa (ancienne capitale de l’empire ottoman). Apparemment une jolie région, avec aussi quelques montagnes et… une station de ski! Ma foi, si jamais l’occasion se présente, qui sait?

Bien à vous,

Matthieu