Sur la mer
Friday, March 31st, 2006Pamukkale, Turquie. La houle se fait plus forte. La cote s’eloigne sur l’horizon. Nous nous dirigeons vers le large. Le vent forcit. Une voix se fait entendre: “ça commence!”
Imperceptiblement, les ombres perdent de leur nettete. Le pont du bateau secoue de plus en plus, de petits moutons d’ecume ornent les vagues. Le bateau maintient son cap plein sud, et danse sur les vagues. Il fait presque frais, malgre le soleil de midi. Un bref coup d’oeil: oui, ça a bel et bien commence.
Les reflets sur l’eau brillent au loin. Le bleu profond de l’eau se noie dans celui du ciel, a peine interrompu par la mince zebrure beige de quelques montagnes a l’horizon. Je frissonne.
J’enleve mes lunettes de soleil. La lumiere prend une teinte metallique inhabituelle. Le vent souffle de plus en plus fort. Plus qu’un petit croissant qui se ferme a vue d’oeil, la luminosite baisse, et baisse, et toujours cette lumiere grise.
Tout a coup ça y est. Venue de nulle part, l’ombre qui court sur la mer nous submerge, il fait nuit, il fait froid, l’eclipse est totale. Le vent tombe. Un coucher de soleil nous entoure dans toutes les directions, love derriere l’horizon. Une etoile. Il est 13h. Le soleil a disparu.
Mes yeux s’habituent a la vague penombre sans parvenir a me convaincre qu’il fait vraiment nuit. L’atmosphere transpire une tension latente, une sorte d’impatience contenue, comme si la nature entiere retenait son souffle. Quelquechose cloche.
Un petit souffle de vent accompagne le tout premier rayon qui nous revient. La lune commence a nous rendre le soleil.
Bien a vous.
Matthieu