Archive for May, 2006

Un matin, sur la route pour Gonur

Sunday, May 28th, 2006

Ashgabat, Turkmenistan - 7h00 du matin. Nous sommes a Mary, une ville provinciale de l’est du Turkmenistan, au centre de l’une des quatre grandes oasis du pays. L’air encore frais nous enveloppe comme un leger chale. Nous nous en delectons car nous savons que bientot une chaleur caniculaire tombera sur nos epaules. Il fera 42 degres ce jour la.

Sur la route pour Gonur, les voitures se pressent. Les plus modernes cotoient les Ladas ainsi que bon nombre de voitures qui paraissent dater des annees ‘70. De nombreuses personnes marchent sur les bas cotes de la route. Il ya des femmes aux longues robes de couleurs vives, un foulard souvent noir et jaune savamment noue sur la nuque. Certaines portent une beche; elles vont aux champs. Il y a aussi un groupe de fillettes en uniforme, sur le chemin de l’ecole. Elles sont vetues d’une robe longue verte et d’un tablier blanc et coiffees d’un petit chapeau brode. On croise un side-car puis une carriole tirree par un ane. Plus loin, un monsieur age semble regarder la vie qui passe, adosse a un poteau electrique. Une toque en poils de mouton trone sur sa tete. C’est la coiffe traditionnelle pour les messieurs. Seuls les plus ages la portent encore, et la garde meme sous un soleil de plomb.

Nous longeons des champs cultives sur plusieurs dizaines de kilometres. Bientot, la route laisse sa place a la piste et le desert reprend ses droits. Il nous faudra encore plus d’une heure pour atteindre Gonur, un site archeologique qui a mis a jour des restes importants d’une cite influente de l’Age de bronze. Pourtant, a notre arrivee, nous ne trouvons qu’une petite batisse en terre, deux tentes et quatre lits en plein air. Le Professeur Sarianidi qui dirige les fouilles depuis 1972 nous accueille en personne. Il est a la tete d’une equipe d’une vingtaine de personnes et poursuit les fouilles pendant 4 mois par an. Le peu de touristes dans le pays fait que Gonur n’a pas encore veritablement ete organise pour accueillir ces derniers. Nous seront les seuls ce jour la a decouvrir ces ruines impressionantes.

Amities.

Ingrid

Frontieres

Sunday, May 28th, 2006

Ashgabat, Turkmenistan. En partant, je m’etais naivement imagine que le deroulement des pays le long de notre route se ferait dans une sorte de continuite, avec des changements imperceptibles car minuscules. Je m’etais trompe. Je l’ai realise en passant la frontiere turkmene, il y a deux semaines de cela.

Cela s’est passe a peu pres ainsi: nous sommes partis de Mashhad (en Iran, donc) le lendemain de notre expedition couronnee de succes au consulat turkmene. Notre contact sur place avait organise notre transfert vers la frontiere. Trois heures de route, on commence par quitter la plaine de Mashhad, bordee, comme il se doit, de grands panneaux a la gloire de la Republique Islamique. Ensuite on attaque les montagnes, en laissant derriere nous une multitude de petits villages au charme moyen-oriental, petites maisons, troupeaux de moutons et tout ca (c’etait d’ailleurs assez joli). On arrive finalement dans une sorte de no-man’s-land vallonne, la route serpente et tortue de petit col en petite vallee, le tout bien sur au son de la musique iranienne. On arrive finalement au village frontiere, sans aucun interet, sauf qu’il a l’air iranien et completement moyen-oriental. Bonjour Monsieur le douanier, bonjour Madame l’agente de police, oui, nous quittons l’Iran, oui c’etait magnifique, et nous reviendrons, au revoir, et meilleures salutations aux mollahs. Ensuite, il y a environ 40 m a parcourir a pied jusqu’a la barriere elle-meme, et on la traverse.

Et on est instantanement en Asie. Litteralement d’un metre a l’autre.

Les visages changent nettement; plus de tchadors noirs; des cheveux au vent, ou des foulards de couleurs vives; plus de separation stricte entre les hommes et les femmes; bref, la frontiere est bien plus qu’une separation politique, c’est clairement une frontiere ethnique et culturelle aussi.

Le Turkmenistan semble etre un ensemble de frontieres, d’ailleurs. Au sud, il y a des montagnes (que nous avons traversees pour aller de Mashhad a Ashgabat). Au pied des montagnes, il y a une enfilade d’oasis qui court jusqu’aux rivages de la Mer Caspienne, ou se trouvent les principales villes du pays (Ashgabat, Mary, Balkanabat et Turkmenbashi). Plus au nord, il y a un desert, et ensuite une nouvelle serie d’oasis avant la frontiere ouzbeke.

Ashgabat elle-meme est une ville moderne, en plein boom, avec un nombre de chantiers incalculable. Si ce n’etait pour la chaleur ambiante, on pourrait meme dire que c’est une ville agreable. Les avenues sont larges, il y a peu de trafic, pas mal de verdure, des fontaines, et des statues du President presque partout, dont une geniale au sommet d’une tour, qui tourne sur son socle pour suivre la course du soleil dans le ciel. L’ensemble est loin d’etre deplaisant, et nous avons pris un plaisir non dissimule a nous promener dans les rues d’Ashgabat.

Nous avons aussi eu la chance de visiter plusieurs sites dans le reste du pays: Mary, a cote de laquelle nous avons vu l’incroyable Merv (Patrimoine Mondial de l’Humanite) et Gonur (une ville antique dans le desert); Nokhur, un village perdu dans les montagnes (il y faisait frais!) peuple par une tribu qui n’est pas asiatique du tout (on se croirait quelque part dans le bassin mediterraneen) mais qui apparemment descend en droite ligne d’Alexandre le Grand et de ses soldats lorsqu’ils ont envahi la region; Turkmenbashi, l’unique port du pays, sur la Mer Caspienne, et a mille lieues, ou en tout cas six cents kilometres, de la capitale. Et partout, une mosaique de gens (Russes, Turkmenes, etc), de visages, d’habits traditionnels, de coutumes.

Notre sejour touche a sa fin, car nous partons demain matin pour le dernier trajet: la traversee du desert vers la frontiere ouzbeke. Apparemment encore un autre monde, et un desert tres inhospitalier (mais peuple de tribus traditionnelles inversement chaleureuses). En principe nous devrions meme avoir la chance de dormir dans une yourte demain soir. A suivre donc.

Et probablement que nous allons encore une derniere fois nous frotter a un autre type de frontiere que l’on trouve partout au Turkmenistan: le check-point…

Bien a vous,

Matthieu

Un an d’efforts pour cet instant

Saturday, May 13th, 2006

Mashhad, Iran. Nous sommes tout au nord-est de l’Iran. La proximite de la frontiere afghane ne passe pas inapercue, avec les groupes de pelerins qui se promenent en ville - impossible de les rater. Ici s’acheve, demain dimanche, notre sejour en Iran. Nous avons l’impression d’avoir profite au maximum de notre visa de 30 jours, meme si bien sur, pour un si grand pays, il aurait fallu pouvoir rester bien plus longtemps. Une prochaine fois sans doute. Nous avons essaye de voir les facettes les plus incontournables de l’Iran. Du nord (Tabriz et Rasht), au sud (Yazd et Shiraz), en passant par Teheran et Isfahan, nous avons l’impression d’avoir vu de tout. Nous avons ete frappes par la diversite du pays (que nous n’avions pas soupconnee), et par la chaleur des habitants. Pas un endroit, pas un jour sans que nous n’entendions a plusieurs reprises combien nous etions les bienvenus. Et c’etait pour de vrai, juste parce que les Iraniens ont apparemment un plaisir sans bornes a rencontrer des etrangers et a parler avec eux. Rafraichissant, sans aucun doute.

Mashhad elle-meme n’est pas aussi incroyable que d’autres endroits en Iran. Il n’y a qu’un seul site a visiter, le mausolee de l’Imam Reza (8e imam des chiites). C’est un tres gros monument, mais les non-Musulmans ne peuvent en visiter que les cours exterieures. Cela dit, celles que nous avons vues etaient simplement magnifiques, et nous avons eu le privilege d’etre chaperonnes par deux profs d’anglais qui se sont improvises nos guides, et qui nous ont amenes dans l’une d’elles durant la priere du vendredi soir. Je crois que sans eux nous n’aurions pas ose. Quelle atmosphere de voir et d’entendre ces milliers de personnes qui s’agenouillent et prient ensemble. Au final, Mashhad n’est donc pas aussi inhospitaliere que l’on pourrait le croire en lisant le guide. Les gens sont charmants, une fois de plus, les cours du mausolee sont accueillantes, et au fond, le seul vrai probleme, c’est la temperature…

Nous avons aussi visite a plusieurs reprises un autre batiment que nous avons trouve tres interessant, mais pas pour ses qualites architecturales: le consulat turkmene. Malgre les divers formulaires remplis a plusieurs exemplaires certifiant tout ce que l’on peut attendre d’un touriste qui se respecte, malgre les emails reguliers, plusieurs par semaine, echanges depuis plus d’une annee avec une agence de voyage sur place, pour planifier les moindres details de notre sejour, de notre itineraire (au jour pres), des transferts, des hotels ou nous allons dormir, malgre la lettre d’invitation officielle de l’agence de voyage du gouvernement, et malgre un contact russophone ici a Mashhad, ce matin, lorsque nous sommes alles au Consulat, nous nous sommes faits refuser l’entree en matiere: la photo d’identite collee sur notre demande de visa (obtenue de haute lutte avec une lettre d’invitation, elle-meme obtenue avec moultes difficultes grace a une demande de lettre d’invitation, elle-meme recue apres bien des negotiations avec l’agence de voyage) etait en noir et blanc et non en couleur. Patatras. Que faire? Refaire des photos, et revenir, bien sur!

Et donc, depuis quelques heures, apres un an d’efforts, nous sommes les heureux proprietaires d’un visa de tourisme turkmene.

Bien a vous,

Matthieu

Shiraz et la syrah

Saturday, May 13th, 2006

Mashhad, Iran. Les Iraniens disent, apparemment, que chaque menage devrait avoir au-moins deux livres: le Coran et les poemes de Hafez. Cette tradition suffit a elle seule a montrer l’importance encore actuelle de son oeuvre. Hafez, vivait a Shiraz, d’ou il etait originaire et dinait, dit-on, du dos d’un dodu flacon. Ses vers son immortels et celebres a travers tout le pays, mais ses verres sont maintenant interdits, car mollah-incompatibles. Voila qui est bien dommage. Car Shiraz en perd le vin du meme nom, elle qui a pourtant un climat ideal pour la viticulture, et peut-etre un attrait de taille.

De nos jours, Shiraz se distingue par sa proximite avec Persepolis, son mausolee abritant la tombe de Hafez, et quelques autres sites archeologiques mineurs en comparaison de Persepolis. Bien sur, les ruines de Persepolis sont tres belles, et avec un peu d’imagination, on se prend a rever de la majeste passee des palais, de la taille des entrees sur le site, et de l’etendue de la ville. Cela demande quand meme pas mal d’imagination, car les ruines sont en mauvais etat. Notre guide en a d’ailleurs profite pour nous glisser quelques morceaux choisis de propagande pour nous expliquer pourquoi tout est casse… 

Le mausolee de lui-meme est tres joli, paisible, au milieu d’un jardin, et a cote d’une maison de the tres sympathique. Un endroit ideal pour passer quelques heures juste au coucher du soleil, quand la temperature baisse enfin. On y croise des dizaines d’Iraniens qui viennent honorer la memoire du poete, lire ses vers, et qui sait, peut-etre meme trouver l’inspiration pour prendre une decision importante, puisqu’il parait que si on ouvre un livre de Hafez lorsqu’on est face a un dilemme, ses vers peuvent nous indiquer la voie a suivre.

Mais en dehors de ces deux attractions, Shiraz n’a ni la beaute d’Isfahan, ni le charme discret de Yazd, ni meme l’atmosphere sympathiquement survoltee de Teheran. Une grande ville un peu quelconque, en fait. Ce qui explique pourquoi nous avons sans regret mis les voiles apres quelques jours.

Par la meme occasion, nous avons mis de l’eau dans notre vin, euh, pardon, non, dans notre biere-sans-alcool-approuvee-par-les-plus-hautes-autorites, puisque nous avons pris l’avion pour Mashhad, et non le bus. Le dilemme etait soit 24h de route, soit 90 minutes d’avion.

Nous n’avons meme pas eu besoin des poemes de Hafez pour prendre notre decision.

Bien a vous,

Matthieu

La fiancee, le desert et l’araignee

Saturday, May 6th, 2006

Yazd, Iran. Deja trois semaines que nous avons quitte la Turquie. Nous sommes maintenant dans le desert, a Yazd. La pub dit que c’est ‘la porte du desert’, mais a mon avis, on a meme fait plusieurs pas vers l’interieur. Nous avons troque le plateau anatolien fertile pour la poussiere, le soleil, et le plateau desertique du centre de l’Iran. La chaleur aussi, et les longues routes droites, entourees de vide inhospitalier a perte de vue.

Impossible de ne pas remarquer les petits changements qui separent Yazd du reste de l’Iran. Impossible de ne pas remarquer les hommes en habits traditionnels pakistanais, les femmes tres couvertes (on est loin de l’ambiance relax de Teheran de ce point de vue-la), les maisons en terre sechee, les curry sur le menu des restaurants, les melanges d’epices qui parfument les plats, oui, on s’approche de l’Asie du sud.

Yazd elle-meme est une ville a deux faces: la ville moderne, sans grand interet, et la vieille ville, pleine de charme, avec ses hauts murs, ruelles tortueuses, tours de ventilation, maisons arrangees autour d’une cour interieure. Tout bien sur y est pense pour eviter le sable, le soleil et les tres grosses chaleurs de l’ete (la temperature peut monter jusqu’a 50 degres, parait-il). Je peine a imaginer quelle fournaise cela doit etre, lorsque les locaux nous disent qu’il a commence a faire beau il y a quelques jours seulement.

Hier apres-midi, nous avons donc momentanement quitte la ‘fiancee du desert’ (autre surnom de Yazd), pour aller voir le desert lui-meme, et dormir dans un caravanserail, le long d’une des branches sud de la route de la soie.

Le caravanserail (www.zeinodin.com) est un batiment du 16e siecle magnifiquement restaure. Il est situe entre une chaine de montagnes et une route, essentiellement au milieu de nulle part (la premiere “ville” d’importance est a 25 km). Nous y avons frappe, et le gardien a passe la tete par une trappe pour nous demander ce que nous voulions. Apres avoir montre patte blanche, nous avons pu entrer dans la premiere cour et prendre nos quartiers dans l’une des deux chambres communes qui la bordent, deux matelas sur une estrade de briques surelevee le long d’un couloir voute. Atmosphere garantie.

Une fois installes, nous sommes entres dans le deuxieme cour, la principale, entouree du refectoire, des salles d’eau, et des cuisines et dortoirs du personnel. De la, on peut monter sur le toit et observer le desert, ou simplement s’impregner du silence ambiant (nous etions les seuls clients, a part les ‘araignees-dromadaire’, voir plus bas). Nous avons fait l’un et l’autre, en regardant simplement le soleil se coucher et les couleurs changer. Magnifique de calme et de simplicite. Pour finir la soiree en beaute, nous avons mange le repas prepare par le personnel du caravanserail, y compris le pain frais cuit au feu de bois sur place par le boulanger. Une vraie experience locale, qui nous a suggere ce que devait etre la vie du temps des caravanes de la route de la soie.

Bien a vous,

Matthieu

PS: Bon, les araignees-dromadaire (camel spiders). Nous etions calmement en train de contempler le silence quand un *enorme* insecte/araignee/bestiole a pattes pas bien definie a traverse la cour. Je dis enorme sans exagerer (elles peuvent grandir jusqu’a 12-15 cm de large). Verification faite aupres du personnel, c’est donc bien une araignee (mais je crois qu’ils rigolent encore de ma description et de mon air un peu interloque devant sa taille - ils m’ont precise qu’il y en avait en effet quelques petites ces derniers jours). Apparemment un animal sujet aux pires rumeurs suite aux histoires colportees par les soldats americains dans la region. Cela dit, les verites sur cet animal sont quand meme assez loin de celles sur les araignees des jardins que l’on trouve en Suisse (http://www.camel-spiders.net/)

On tombe au milieu d’une course d’ecole

Thursday, May 4th, 2006

 Yazd, Iran - On est arrives mardi soir a Yazd, une ville en plein desert au sud de l’Iran. Une des particularites de la ville est la multitude de badgir, sorte de tours de ventilation mises au point il y a des siecles deja, qu’on voit culminer au-dessus de nombreuses maisons de la vieille ville. Ces tours permettent de refroidir l’air et de le faire circuler dans la maison, tout en laissant s’echapper a nouveau l’air chaud. Hier matin, on a decide de voir un de ces badgir de plus pres et on s’est donc mis en route pour Bagh-e Doulat Abad, l’ancienne maison du gouverneur de la ville. Le badgir de cette derniere est l’un des plus impressionnants de la ville: il se dresse majestueusement a 33 metres au-dessus du sol.

Apres la visite de cette magnifique demeure, on a choisi de s’etendre sur un des larges bancs/tables du jardin pour faire un peu de ‘life-seeing’. De nombreux iraniens etaient en visite a Bagh-E Doulat Abad ce jour la. Parmi eux, un groupe d’une soixantaine de petites filles entre 8 et 10 ans en uniforme scolaire - bleu avec un foulard blanc.

Rapidement, on a entendu glousser derriere nous. Bon, les gloussements sont devenus une petite musique qui rythme nos journees. Les jeunes filles, les fillettes et meme parfois les grands-meres ne manquent en general pas de glousser en nous voyant (les membres de la gent masculine nous lancent plutot des ‘hello’). Une locale a une fois poliment essaye de nous expliquer que si les gens gloussaient, c’est parce qu’ils essayaient de formuler quelques questions en anglais et se demandaient s’ils allaient oser nous les poser… Pour notre part, on s’est dit qu’ils etaient peut-etre quand meme lies a notre look decale (cf. ma tentative de respecter le dress code local et le chapeau de Matthieu). En tous les cas, on s’est habitues aux gloussements, et s’il n’y en a plus au Turkmenistan, ca va etre bizarre…

Gloussements donc, dans les jardins de Bagh-e Doulat Abad. Puis, une petite fille un peu plus temeraire, nous lance un ‘hello’. Quelques minutes plus tard, une autre deambule avec une copine a cote de notre banc, nous montre cette derniere et nous dit ‘friend’. Petit a petit, de plus en plus de fillettes sont venues vers nous pour nous dire bonjour, nous offrir des chips et pour finir on s’est retrouve avec une trentaine d’entre elles agglutinees autour de nous. Bon, le dialogue etait assez limite. On a fait les presentations, explique que nous venions de Suisse, dit notre age (qui les a semble-t-il abasourdies) et que nous etions maries (’no babies?’ ont-elles immediatement demande, preoccupees). Elles nous ont ensuite chante tout un tas de chansons (j’ai pour ma part particulierement aime Frere Jacques en Farsi avec ‘hi du du’ au lieu de ‘ding dang dong’) jusqu’a ce que leurs maitresses viennent voir ce qui creait un tel ram-dam au sein de leurs jeunes pupilles. Une chanson a encore ete chantee, puis les maitresses nous ont convies a partager le repas qu’elles prendraient avec leurs eleves dans le jardin…

Un kebab bien sur, mais un kebab que nous avons deguste, heureux d’avoir ete adoptes pour quelques instants par ces fillettes iraniennes.

Amities
Ingrid

MBDCTM

Monday, May 1st, 2006

Isfahan, Iran. Je manque d’adjectifs pour decrire Isfahan. Oh, je pourrais employer ‘extraordinaire’, voire ‘genial’, mais ca serait un peu plat. Il faut dire que cette ville est juste dans une ligue a elle. Alors, rapport aussi a mes origines, j’ai decide d’employer l’adjectif ‘Monstre-bonnard-de-chez-top-moumoute’ (MBDCTM, avec accent fribourgeois). Voila, Isfahan, c’est une ville MBDCTM.

Nous sommes arrives il y a presque une semaine avec l’intention d’y rester 3-4 jours, comme a notre habitude. Impossible. Nous n’avons pas reussi a decoller de son centre historique, le Square de l’Imam. Apparemment, le square est le deuxieme plus grand au monde, apres la place Tienanmen, et je n’ai aucune difficulte a le croire. Mais son interet va bien au dela de sa taille. Il est flanque de trois momuments incroyables: la Mosquee de l’Imam (une des plus grandes au monde), la Mosquee du Cheikh Lotfollah (apparemment une des plus belles d’Iran), et la palais d’Ali Qapu. Et donc, le square est MBDCTM. Non seulement les monuments sont beaux individuellement, mais l’ensemble est remarquable de finesse et d’elegance. En plus, le square est, fait notable pour l’Iran, ferme au trafic, donc on peut l’admirer sans risquer de se faire tuer par une voiture lancee a toute allure, et sans bruit. Un vrai luxe!

Mais il y a plus. Au sud de la ville coule une riviere, traversee par plusieurs ponts historiques, tous tres elabores, souvent magnifiques. Le plus chouette a deux etages, un pour traverser, et un qui abrite une maison de the en plein air, ou on peut donc siroter son petit the au milieu de la riviere. Tres chouette. Et si on le traverse, on arrive au quartier armenien (chretien, donc), avec ses eglises, sa cathedrale melant dessins islamiques et iconographie chretienne, bref, il y en a vraiment pour tous les gouts, et pour plusieurs jours de visites. Je n’ai du coup aucune peine a croire celles et ceux qui affirment qu’Isfahan est la capitale culturelle du monde islamique. C’est MBDCTM-ement possible.

Bon, par contre il y a un truc pas MBDCTM du tout a Isfahan. C’est le staff de l’hotel Mehr, ou jusqu’a hier nous avions loue un appartement presque aussi grand que le notre a Geneve. Bon, ben le staff a pas du comprendre quand nous leur avions dit que nous resterions *au moins* 4 nuits. Alors au bout de 4 nuits, ils ont reloue la chambre. Ce qui fait qu’hier, a 12h30, ils nous ont dit de liberer les lieux avant 13h. Comme ca, sans preavis. Je crois que ca merite un autre adjectif. Quid de Monstre-naze-de-chez-bottom-nul (MNDCBN)?

Bien a vous,

Matthieu