Archive for November, 2006

De poisson cru et d’eau fraiche

Wednesday, November 29th, 2006

Usuki, Japon. Usuki est un village de samurai sur la cote est de l’ile de Kyushu. Un village ma foi charmant, ou les ruelles tortuent lentement entre les maisons traditionnelles en magnifique etat de conservation. Son atmosphere sympathique nous fait un peu oublier le rythme accelere de ces derniers jours. Nous avons en effet troque notre voyage “lent” contre deux abonnements de train, qui ont l’avantage insigne de nous ouvrir toutes les portes de tous les trains au Japon, meme le Shinkansen, mais qui sont limites dans le temps. Foin donc de voyage lent, et bienvenue dans un rythme plus proche de celui des locaux.

Par exemple, l’autre jour, nous avons eu une journee qui n’aurait fait rougir personne dans ce pays. Ca a commence par le tour guide decrit par Ingrid, ou la guide n’a pas arrete de parler, chanter, et meme glousser dans son micro pour 3 heures et demie (seules pauses: lorsque nous prenions 10 a 15 minutes pour un point de vue ou pour un magasin de daikon). Ensuite nous sommes alles avec bonheur manger des sushi dans un de ces restaurants ou tout passe devant le nez des clients sur un petit tapis roulant. Le poisson cru, le the vert chaud, un bol de soupe, toute la gastronomie japonaise dans ce menu. Evidemment, le restaurant etait dans la gare, a mi-chemin entre l’arret du bus que nous avions pris le matin, et le quai pour le train de l’apres-midi. Puisqu’on vous dit que tout est optimise dans ce pays. Ensuite, parce qu’il restait quand meme encore bien quelques heures de jour, nous avons rejoint le quai, saute dans un train special plus rapide que le train local (mais plus lent que le shinkansen, et surement plus petit que le jardin de mon oncle), et sommes alles dans un bain public dont la specialite est le bain de sable.

Le bain public dans une source thermale, c’est aussi une des specialites locales. Mais celui-la ajoutait une specialite encore plus locale: le sable chaud, du a la proximite du volcan Sakurajima. Donc, sous un petit preau, on se couche dans le sable, et une dame nous recouvre de sable chaud. C’est rigolo comme sensation, et tres vite on se laisse bercer par le bruit des vagues. Les mouettes volent gaiement au-dessus de l’ecume, le ciel est bleu, la dame pelle le sable sans arret, bref, on peut se relaxer. Ensuite, lorsqu’on a fini de se rechauffer dans le sable, hop, petit plongeon dans le bain thermal, et on ressort une heure plus tard, relaxe comme rarement, tout propre et juste pret a essayer encore une autre specialite locale: la biere fraiche.

Bien a vous,

Matthieu

Un tour guide a Sakurajima

Tuesday, November 28th, 2006

Usuki, Japon - 9h du matin, nous sommes assis dans un bus avec une quinzaine de Japonais. Nous voila partis pour notre premier tour guide dans le pays. Un tour guide japonais - on ne voulait pas rater cette experience culturelle. Nous voila donc en route pour l’ile de Sakurajima, tout au sud de l’ile de Kyushu. Sur cette ile, un magnifique volcan encore actif est l’objet de notre interet.

Nous sommes vite submerges par un flot ininterrompu de paroles - pour moi, du charabia; heureusement, j’ai mon traducteur personnel. Notre guide commente les batiments que nous passons: ecole secondaire, dernier mall ‘avec d’excellents restaurants, n’hesitez pas a les essayer si vous avez faim’ nous assure-t-elle. Nous montons sur le ferry pour rejoindre l’ile. Nous faisons attention de rejoindre le bus assez tot pour ne pas etre les derniers - on n’aimerait pas se faire remarquer!

Apres quelques kilometres, pendant lesquels notre guide ne s’interrompra pas une seule seconde, nous atteigons un point de vue avec une magnifique vue sur toute la baie. ‘10 minutes pour en profiter’ annonce notre guide. Pas le temps de se perdre dans un moment de contemplation.

Nous poursuivons ensuite notre route et en apprenons un peu plus sur l’ile que nous visitons. 3 volcans la dominent, mais un seul d’entre eux est encore actif. La plus grosse explosion du XXe siecle a eu lieu en 1914. Des cendres ont alors ete ejectees a plus de 8000 metres d’altitude, et plusieurs villages ont ete engloutis par la lave. Entretemps, notre bus s’est arrete devant un torii: une porte a l’entree d’un chemin qui mene a un temple. Ce torii a ete enfoui dans la lave lors de l’eruption de 1914 - il ne depasse plus du sol que par un metre a peine, alors que sa hauteur usuelle serait d’environ 6 metres. Je me rejouis d’aller l’inspecter de plus pres… mais nous devrons nous satisfaire de l’admirer depuis le bus. ‘Pas le temps de descendre’ nous annonce la guide.

Notre guide s’est maintenant lancee dans des explications d’ordre culinaire. Il faut savoir que le plus gros daikon de tout le pays (sorte d’enorme radis blanc dont les Japonais font grande consommation) pousse sur l’ile de Sakurajima. Elle explique une maniere locale de l’appreter. Peu apres, arret devant un magasin qui vend des specialites locales. ‘15 minutes’ annonce notre guide - le plus long arret du tour. Tous le monde descend pour decouvrir les specialites vendues par le magasin: daikon confit, chips de daikon, daikon au sake, sake au daikon, le tout arrose d’un petit verre d’eau-de-vie de pommes de terre douces (une autre specialite locale) offert par le tenancier. Nous remontons dans le bus apres 13 minutes 30 afin que le bus puisse en effet repartir apres 15 minutes. Tout est minute.

Le cap est mis sur un champ de lave. Tout d’un coup, notre guide, qui ne s’est pas interrompue plus que quelques minutes depuis le debut du tour,  se met a chanter. Je regarde Matthieu d’un air inquisiteur pour avoir l’explication et la traduction… Il s’agit d’un chant dont les paroles ont ete ecrites par une poetesse locale. Certains passagers tapent dans les mains en cadence pendant que notre guide poursuit de sa voix quelque peu fluette. J’admire son cran.

Nous arrivons a ce fameux champ de lave. 15 minutes pour en profiter, mais d’abord… photo. Un photographe professionnel prend une photo de notre groupe. Une rangee sur un banc, une rangee derriere, et un enorme daikon devant. Bon, il nous reste quand meme quelques minutes pour decouvrir le champ de lave.

Ce sera notre derniere halte avant de repartir pour le ferry. Enfin, apres plusieurs courbettes et de nombreux ‘domo arigato gozaimashta’ (merci beaucoup), nous voici au terme de notre tour guide. Ouf! On n’est pas mecontents d’avoir choisi un tour d’une demi-journee seulement!

Amities.

Ingrid

Nagasaki

Tuesday, November 28th, 2006

Usuki, Japon. Nagasaki, 9 aout 1945. Les images du musee de Nagasaki ne laissent aucun doute, ca a ete un instant de desolation. Tout est aplati, rase, detruit, tout est en ruine. Depuis ce jour-la, le monde entier associe Nagasaki (et sa soeur d’infortune Hiroshima) avec la bombe et tout ce qui s’ensuit.

Ce faisant, le monde se focalise sur l’evenement le plus marquant de l’histoire de Nagasaki durant le dernier siecle, mais passe sous silence certains aspects fascinants de l’histoire plus ancienne de Nagasaki, a savoir que du 17e au 19e siecle, Nagasaki etait le seul point de contact officiel entre le Japon et l’Occident, entre le Japon et le reste du monde, d’ailleurs.

Le Japon venait de s’imposer une periode d’isolation du reste du monde. Nagasaki etait pourtant depuis le 16e siecle un comptoir portugais, avec un marche pour les biens que les vaisseaux amenaient d’Europe, une communaute japonaise catholique dument convertie par les jesuites qui arrivaient avec les biens et les vaisseaux, et quelques eglises (la bombe a explose presque directement au-dessus de ce qui etait longtemps la plus grande eglise catholique d’Extreme-Orient).

Les shoguns avaient assigne une ile aux Portugais afin qu’ils puissent y vivre. Au milieu du 17e siecle, lorsqu’ils ont ferme le pays, ils ont expulse les Portugais (a qui ils reprochaient d’etre plus actifs a convertir des ames locales qu’a faire du commerce), mais ont autorise des marchands hollandais a rester sur l’ile. Pendant les deux siecles qui ont suivi, ces marchands ont dirige une colonie de facto sur leur ile, eu des contacts avec des locaux, encourage ces memes locaux a apprendre du savoir europeen (medical, botanique, linguistique, etc), et fait du commerce pour le benefice des deux parties.

De nos jours, l’ile n’en est plus une (le port a ete remblaye), mais les maisons restent, entourant des ruelles au gout clairement europeen. Les divers residents de cette ile ont ecrit plusieurs livres sur la culture locale, des dictionnaires, des comptes-rendus de leur vie quotidienne dans un pays lointain et ermite. Petit a petit, ils ont aussi construit quelques maisons dans un autre quartier de la ville, et ont laisse une atmosphere tres interessante a Nagasaki, semblable a nulle autre ailleurs au Japon.

Apres les moments sombres au musee de la bombe et aux ruines et memorial avoisinants, nous avons goute au charme de cette partie de l’histoire de Nagasaki avec bonheur.

Bien a vous,

Matthieu 

Internet cafe

Thursday, November 23rd, 2006

Tokyo, Japon. Le gros avantage du Japon, c’est que c’est un pays ou on peut souvent remettre en question ses certitudes. Par exemple, quand on dit “horaires minutes” ou “lunette des toilettes”, les touristes que nous sommes ont tendance a se dire “oh, mais on connait deja tout cela tres bien”. Et pourtant, nous allons de surprise en surprise, mais nous reviendrons sur les deux elements precites. Dans la meme veine, je me propose ici de parler des internet cafes au Japon. Ah, voila, vous direz-vous, qu’y a-t-il de si fascinant a dire sur les internet cafes, quelques ordinateurs, des sieges, une bonne connection, trivial tout cela. C’est aussi ce que je pensais.

C’est aussi ce que je pensais jusqu’a ce que j’entre dans un internet cafe japonais, je veux dire, un cafe internet & manga & jeux & videos, essentiellement un monde parallele. Je suis au 7e etage d’un batiment quelconque au centre d’une grande ville du Japon.

Donc a l’entree un comptoir, super tendance, retro-illumine, ou un employe parle a voix feutree avant de nous diriger vers l’espace a lumiere tamisee ou se trouvent les ordinateurs, devant moi. A ma droite, l’espace ou se trouvent les mangas/jeux/videos, ranges dans des bibliotheques qui couvrent les murs du sol au plafond, de tous les cotes. Du cote des ordinateurs, chaque station est separee des autres par une paroi, une lampe eclaire discretement le poste en question, et un fauteuil confortable complete le tout. Inutile de dire que les ecrans sont tous plats, que la connection est la plus rapide qui soit, et que les machines sont de la toute derniere generation.

Du cote mangas, on entre dans la quatrieme dimension. Les stations sont dans des espaces completement fermes, les fauteuils s’inclinent (pour que l’on puisse lire ou regarder des videos a moitie couche), les machines permettent a chaque spectateur de visionner un film, jouer aux derniers jeux video, ou simplement lire une BD a son aise. Comme la lumiere est tamisee, il est impossible de dire quelle heure il est, ou s’il fait jour ou nuit a l’exterieur du batiment. Comme les voix sont basses, personne ne se sent derange par le monde environnant.

Entre les deux zones, des automates a boissons et a cafe (toutes les boissons sont gratuites), et au fond, quelques douches pour celles et ceux qui auraient rate le dernier train et auraient du rester toute la nuit sur place. De toute facon, personne ne s’en soucie, vu que l’on paie a l’heure.

Et donc me voila devant ma station, pret a surfer dans l’internet cafe le plus sophistique, le plus optimise que je n’aie jamais vu. Je me prepare, je m’echauffe, mais, oh horreur, le cafe est infect…

Bien a vous,

Matthieu

Blue Note

Monday, November 20th, 2006

Tokyo, Japon - Le nez contre la vitre, notre regard est scotche sur le spectacle qui defile sous nos yeux: les milliers de personnes qui traversent l’enorme croisement que nous surplombons. Une vague humaine qui deferle toutes les quelques minutes. Nous sommes a Shibuya, a l’ouest de Tokyo, l’un des quartiers les plus recents de la ville. Tokyo pulse. La queue est longue pour s’impregner de ce theatre de rue. Nous laissons nos places aux suivants. Pour nous, il est grand temps que nous nous interessions a notre soiree; ce n’est pas tous les jours qu’on vit un samedi soir a Tokyo.

Jazz, nous disons-nous. Voila beaucoup trop longtemps que nous n’en avons plus entendu live. Et il parait qu’il y a un club Blue Note, celui-la meme ou Petrucciani a enregistre “Trio in Tokyo”. Bon, un peu de serieux… Ce n’est pas tout de vouloir ecouter du jazz dans l’un des meilleurs clubs de Tokyo, encore faut-il trouver le financement. Nous nous penchons sur nos livres… En quelques mois de voyage, nous voila devenus des gerants avises - budget oblige.

Nous trouvons la perle rare: le petit cachet recu il y a 10 jours de la Tufts University pour une presentation a quelque-uns de ses etudiants en echange a Kanazawa. C’est l’epouse de l’ancien professeur de japonais de Matthieu qui nous avait demande cette presentation. Elle supervise en effet ces etudiants. Nous avions eu grand plaisir a raconter sur fond de photos ce que nous avons vecu pendant ces derniers mois. Le cachet recu etait un peu la cerise sur le gateau. Nous l’avions garde pour une occasion.

Nous voila donc en route pour le Blue Note. Le club est dans le quartier de Aoyama, l’un des plus chics de la ville. Mais l’ambiance n’y est pas trop snob. Ca nous rappelle plutot le Montreux Jazz Festival. Buzz Feiten et son groupe sont a l’affiche; pour nous un inconnu au bataillon. Mais quel groove! Du bon jazz-rock, entoures de plein de Japonais au milieu de la capitale du pays du soleil levant. Nous nous delectons!

Amities

Ingrid

Tokyo

Saturday, November 18th, 2006

Tokyo, Japon. Apres la solitude des iles isolees au nord de Hokkaido, apres le bourg de Kanazawa, et apres la banlieue de Nagoya, nous voila a Tokyo, 12 millions d’habitants, ou plus, personne ne sait, mais en tout cas c’est tres peuple, et encore, on pourrait presque compter Yokohama, encore 4 autres millions d’habitants, comme une banlieue faisant partie de l’agglomeration de Tokyo.

Tokyo c’est grand, ca bouge de tous les cotes, il y a plein de lumieres qui scintillent, plein de gens qui helent les passants, des magasins et des restaurants partout, les lignes du train, du metro, deux rivieres, la mer, deux aeroports, Tokyo c’est vraiment tres grand.

A Tokyo, on ne se surprend de rien, les gens ont les cheveux rouges, ou bleus, du maquillage argente, ils traversent la rue tous ensemble le samedi apres-midi au carrefour de Shibuya, ou en tout cas c’est l’impression que cela donne, et apres ils rentrent tous dans la meme rame de metro qui traverse la ville, tous ensemble dans le meme train, ou en tout cas c’est l’impression que cela donne.

Tokyo, c’est plein de couleurs, de lumieres, de petits recoins caches et de parcs aux couleurs de l’automne, de gratte-ciels de verre et de vieux temples, Tokyo c’est peuple mais pas trop chaotique, c’est bonde mais les trains sont a l’heure, c’est une megalopole propre, efficace et sure, mais pas lisse pour autant, a Tokyo on trouve tout, a toute heure du jour ou de la nuit, et on croise bien frequemment une ame, une vraie, une ame qui plait, qui pulse, une ame qui entraine, mais poliment, si on veut bien la suivre.

Tokyo, on aime.

Bien a vous,

Matthieu

Otoosan

Saturday, November 18th, 2006

Tokyo, Japon. La ruelle est sombre. Il fait frais, et le vent souffle. Au detour d’un virage serre, une silhouette, un homme seul, debout devant une maison un peu eclairee. Il nous apercoit, vient vers nous, et rit. Nous avons retrouve Otoosan, le chef de la famille d’accueil qui m’hebergeait a l’epoque.

Nous posons les sacs a dos au milieu du vestibule, et au milieu des commentaires amuses d’Otoosan, qui trouve que c’est vraiment drole que l’on puisse se balader avec des sacs aussi gros, surtout sur le dos. Nous montons au premier, ou sa femme nous a prepare un festin, et nous mettons a table. Otoosan debouche une bonne bouteille de vin et, sans essayer le moins du monde de masquer son enthousiasme de nous voir et de manger, il commence a nous servir et a manger.

Otoosan est d’humeur joviale, il rit de plus belle lorsque nous lui racontons notre arrivee a Kanazawa (de nuit, a pied, charges comme des mules) et finit par se donner une grande claque sur le ventre pour joindre le geste a la parole. Le repas se terminera dans la gaite la plus totale, apres qu’Otoosan, dechaine, ait debouche plusieurs bieres pour accompagner les divers plats. Mais le plus fort, c’est qu’au fond Otoosan est dans ce genre d’humeur tous les jours…

Bien a vous,

Matthieu

Une journee a Nagoya

Tuesday, November 14th, 2006

Nagoya, Japon - Ce matin, on s’est leve tot pour prendre le train pour Kariya, la banlieue de Nagoya ou Matthieu a travaille 4 mois dans une entreprise japonaise il y a 6 ans. Premier but: son logement mis a sa disposition par sa compagnie. Il s’agit d’un immeuble de 3 etages, un peu vetuste, style annees ‘60. Nous trouvons la concierge. Elle nous montre une chambre. Spartiate. A gauche en entrant: une armoire. Devant la fenetre, un lit pose par terre qui prend toute la largeur de la piece. Et c’est tout. Le long du couloir, les chambres se succedent. Il y en a peut-etre 20 par etages. Toutes destinees a des employes celibataires de l’entreprise. Nous sortons du batiment et visitons encore la cafeteria ou Matthieu prenait ses repas du soir. Cela me rappelle mon internat en Angleterre, quand j’avais 10 ans.

Dehors le soleil brille. Nous nous rendons dans le lobby du batiment ou travaillait Matthieu. Nous avons rendez-vous avec son chef. Apres plusieurs controles d’identite, nous accedons au batiment. Nous y retrouvons, M. Tsukahara, souriant, son bras droit, M. Tsuchimoto, tres professionnel et M. Wakui, le larbin du groupe. Ils ont ete tres etonnes de recevoir le coup de fil de Matthieu hier, nous disent-ils. L’accueil est cependant chaleureux. Ils nous emmenent dans un fameux restaurant.

A la fin du repas, ils nous proposent d’appeler l’ancien President de l’entreprise. Ce dernier avait a l’epoque une fois invite Matthieu a la maison. M. Tsukahara nous explique que le President a recemment eu des problemes de sante. Un coup de fil, et nous voici en route pour la maison de l’ancien President. Ce dernier nous accueille a bras ouverts. Il nous raconte son attaque cerebrale qui l’a laisse en partie handicape. Il espere retrouver sa mobilite pour pouvoir rejouer de la flute avec son epouse, dit-il. Il nous pose des questions sur notre voyage. Un echange pour tenter de rattraper un peu le temps ecoule. Son epouse nous offre un cadeau: un cahier de papier artisanal. Au bout d’une heure nous prenons conge de nos hotes.

En route pour notre prochaine destination: ‘The Italian village’. Un mall tentant de reconstituer Venise. Eglises et palais en carton-pate, petits ponts au-dessus d’une riviere, lampadaires, boutiques et restaurants italiens. On se laisse prendre au jeu. Les malls semblent etre une specialite au Japon. Celui-la est certainement reussi. On profite pour deguster une pizza et un verre de vin rouge - une rarete sous notre longitude.

Une journee faite de moments chaleureux et de decouvertes, parfois aussi d’un peu de kitsch.

Amities.

Ingrid

Un pied a terre a Kanazawa

Tuesday, November 7th, 2006

Kanazawa, Japon - Depuis quelques jours, nous logeons dans une petite maison du quartier de Kikugawa de la ville de Kanazawa. C’est la famille d’accueil de Matthieu, de l’epoque de son dernier sejour a Kanazawa, qui l’a mise a notre disposition. Un vrai luxe que de pouvoir s’installer pour quelques jours entre ‘nos’ murs.

Il s’agit d’une typique maison japonaise. La porte d’entree, coulissante, donne sur un hall dans lequel on se dechausse. Au rez-de-chaussee on trouve la cuisine et la salle-a-manger. Le sol de cette derniere est recouvert de tatamis et une table basse, entouree de coussins, est posee en son centre. Il y a aussi la salle-de-bains avec une douche et une baignoire tres profonde dans laquelle il est d’usage de prendre de tres longs bains tres chauds. Les chambres a coucher sont au premier etage. Les sols de celles-ci sont eux aussi recouverts de tatamis sur lesquels on deroule, a la nuit tombee, un futon.

Presque toutes les pieces ont de larges portes coulissantes que l’on peut ouvrir pour donner une impression d’espace. Devant les fenetres de notre chambre a coucher, il y a, en guise de rideaux, des panneaux coulissants recouverts de papier blanc et de motifs geometriques en bois. Le depouillement est le maitre mot de la decoration.

Les nuits de tempete, la pluie bat les fines parois de la maison. Les portes coulissantes des diverses pieces vibrent. La structure legere est adaptee au risque de tremblement de terre que connait tout le pays.

Amities.

Ingrid

Trois saisons en autant de jours

Tuesday, November 7th, 2006

Kanazawa, Japon. Les films, les chansons et les brochures touristiques tendent a presenter les changements de temps comme “4 saisons en une journee”. Bon, ca doit surement arriver, mais nous ne pouvons pas en dire autant ici, meme si nous y sommes presque.

Lorsque nous avons quitte Hokkaido (jeudi passe), nous pensions laisser derriere nous un automne bien avance pour un automne moins avance. Mais, arrives a Niigata, puis a Kanazawa, nous avons du nous rendre a l’evidence, ces quelques centaines de kilometres vers le sud nous avaient ramenes vers la fin de l’ete. Petits oiseaux, grillons, etc, bref, tout y etait pour qu’on se croie encore en septembre, l’automne a Kanazawa, comme une sorte de remake de l’automne ou-vous-savez. Comme nos hotes nous pretaient des velos, ca s’annoncait bien.

Ca n’a pas dure. Hier, la temperature avait deja chute de 5-6 degres, et nous avons recu une averse sur la tete, du genre de celles qui rappellent la douche du matin, sauf que si on avait su, on ne serait pas alles sous la douche du matin tout habilles et avec les velos.

Et cette nuit, nous avons eu droit a une tempete comme j’ai rarement vu, encore 5 degres de moins, et la, clairement on se croit a nouveau a la fin de l’automne, ou peut-etre de retour a Hokkaido. Bon.

A part ca, tout va bien. Niigata n’avait que peu d’interet, mais Kanazawa est toujours aussi charmante, sorte de gros bourg sans pretention (mais pas sans charme) petri de vieux quartiers et d’arts traditionnels. Ideal pour prendre la vie du bon cote. Il faut juste aussi prendre une veste en Gore-tex…

Bien a vous,

Matthieu